Néo trad ou post modernes, pour quelques disques de plus…

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Quelques dernières productions néo trad ou post modernes
En ces temps particulièrement éprouvants, nous sommes à la recherche de quelques objets qui décapent qui décrassent les neurones, qui envoient bouler nos traditions bluesy, (alors que nous venons de passer la journée la plus déprimante de l’année avec le Blue Monday !) et à l’approche des nuits de l’Alligator nous nous sommes esbaudis à l’écoute de quelques nouveautés que nos lecteurs considèreront peut-être comme très éloignées de leurs approches bleues. Mais parfois de la modernité surgit l’ombre de la plus belle tradition.

Allons au vif du sujet et tout d’abord rendons hommage à nos voisins helvètes.

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Hell’s Kitchen, Red Hot Land
Nos lecteurs n’auront pas oublié ce groupe que nous avons déjà chroniqué par deux fois dans nos colonnes. Précurseurs de l’armée helvète de revisitation des concepts du blues Bernard Monney, Christophe Ryser et Cédric Taillefer peuvent être fiers aujourd’hui de voir surgir autant de groupes suisses dans leur sillage (Mama Rosin, DeltaR,…) et de festivals comme celui de Crissier présentant un large éventail de ce que l’on est bien obligé d’appeler un renouveau du blues.
Que d’entêtements, de non concessions, de volontés tenaces durant les cinq albums suivant Blues from the Beancan leur première démo, de poursuivre hors des sentiers battus et rebattus. Les Hell’s Kitchen s’entêtent donc avec leur dernier opus Red Hot Land. D’ intro stonienne en texte avec paroles en français (mais il faut le savoir), les Hell’s Chicken nous entrainent dans leur univers gentiment déglingué ou plus exactement dans leur pays chaud bouillant. Du dernier plat de ces cuisiniers de l’enfer nous retiendrons Since I was a child, The Party’s over, Hey Ho Chica, Lets go Cats Go. Ils se produiront lors de plusieurs dates courant février et début mars en France pour la dixième édition des nuits de l’alligator, de plus en plus décentralisées.

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Duck Duck Grey Duck, Here Come…
Composé de Robin Girod des Mama Rosin à la guitare, Nelson Schaer à la batterie et Pierre-Henri Beyrière à la basse, Duck Duck Grey Duck (variante américaine de l’activité de plein air pour enfant dénommée jeu du mouchoir par cheu nous) est là encore une production helvète. La sortie de cet album correspond avec la tournée qu’effectue le trio dans le cadre des nuits du saurien déjà cité.
La batterie frappe, la basse slappe ou ronronne, les deux rythmiques hypnotisent et, répétitives, nous prennent dans leurs entrelacs ou se glisse et oscille la guitare. Celle-ci se comporte comme une guitare western plantée dans un bayou louisianais. L’ensemble constitue un blues crado, voire gras, lourd et foutraque qui n’est jamais roboratif. Le tout est très efficace et sur l’ensemble on retiendra quelques morceaux pour soirées échevelées (Mexico, Double Monk Strap ou l’elvisien surbanané Like a Bee). Restant dans les bayous, Robin Girod et sa bande nous entrainent vers une autre facette de la Louisiane en réinterprétant à la façon des Cramps un swamp blues westernien encore plus bourbeux que l’original.

Dans ces temps où les Black Keys se contentent de sortir des albums de plus en plus produits, il est agréable de voir sur les bords du Léman une relève de plus en plus convaincante. Mais ils ne sont pas les seuls à chercher à renouveler le défi de la modernité s’appuyant sur la tradition. En témoignent les deux exemples français ci dessous.

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Thomas Shoeffler Jr, Jesus Shot Me Down
Vous avez aimé le film O Brother de Joel et Ethan Cohen, vous aimez les courses dans les grands espaces, vous aimez reprendre votre souffle à l’écoute de ballades country. Jesus Shot Me Down, deuxième album de Thomas Schoeffler Jr, devrait satisfaire vos exigences dans un registre country folk blues.
Précisons que Thomas Schoeffler Jr est un one man band d’origine strasbourgeoise, uniquement accompagné par Jean-Yves Lozach à la pedal-steel sur trois titres et par Mathieu Guillou des Mountainmen sur deux autres morceaux.. L’album sortira officiellement en distribution nationale dans ce qu’il reste des bonnes crèmeries le 23 mars 2015.
Remarquable tant par les interprétations de reprises (« You got sick and die one of these day” de Muddy Waters devenu ici simplement un « Sick and die” sautillant et très enlevé malgré les propos et une version de Lonesome Whistle de Hank Williams où les trémolos de la vois de Thomas prouvent son aisance dans un répertoire country, chose rare ) que par ses propres compositions faisant du tout un véritable répertoire où se trouvent déjà de futurs classiques (Jesus Shot Me Down, At The Mill, My Rope, Mark My Words, I Dug a Hole) qui rejoindront Day By Day, Laurie Cheeck ou autre Whatever You Do du premier album où s’exprimait déjà toute la technicité en picking et slide de Thomas.
Petite précision, cet album est sorti en 2014 en attente de distribution nationale sous une autre jaquette et présentation. Pour les amateurs qui ne voudraient pas attendre la sortie nationale, il reste quelques exemplaires de cette édition ainsi que du premier opus chez Normandeepblues.fr.

The-Bathroom-Groovy-Stuff-EP-2015-When-The-Blues-Comes-Down

Bathroom Groovy Stuff, When the Blues Comes Down.
Nous avions chroniqué leur album éponyme il y a quelques mois. Nous les avons vu lors de leur passage au tremplin Blues sur Seine où leur prestation scénique ne fut pas à la hauteur de nos attentes. Mais forts d’une expérience supplémentaire et loin de baisser les bras, Pauline Ricard et Alexandre Imbert ont repris le chemin du studio pour nous concocter un EP 4 titres qui devrait sortir fin février sous forme physique et digitale. 2 compos (.357 PAL, vibrant hommage à la musique du Nord Mississippi et à R.L. Burnside et Leave This Town), 2 reprises (Pony Blues de Charley Patton et Alabama Blues de J.B. Lenoir)
Les ingrédients qui nous les avaient signalés sont toujours là et bien là. Voix légèrement éraillée lorsqu’elle monte dans les aigus de Pauline à nous filer carrément la chair de poule sur Alabama Blues, alors que Alexandre confirme sa capacité de créer et maintenir un climat tendu (Alabama blues encore une fois) sur fond de blues rural revisité garage.
Et pour prouver qu’ils gardent leur lien avec leur nom, la couverture de leur EP s’avère à la hauteur comme vous pourez le constater.

Serge Sabatié

 

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