Nathaniel Rateliff & The Night Sweats

Les Disques

Nathaniel Rateliff & The Night Sweats • Stax / Caroline
Nathaniel Rateliff, aujourd’hui âgé de 36 ans a beaucoup roulé sa bosse avant de devenir musicien. A la mort de son père, il quitte l’école en classe de cinquième, puis la maison familiale de la petite ville d’Herman dans le Missouri, où il aurait, il le dit, été condamné à travailler dans une usine de plastique des environs, et trouve un poste de gardien dans un lycée. Quelques temps plus tard, il suit un groupe de missionnaires à Denver pour échapper à «  cette vie du Missouri où les gens travaillent et grandissent trop vite. » Bientôt, il se sent à l’étroit dans la religion telle qu’il la concevait depuis son enfance et réalise «  qu’il y a tant d’autres livres à côté de celui-là » tandis que sa vision du monde évolue.

Rateliff travaille ensuite pendant dix ans sur un quai de chargement pour routiers avant de devenir jardinier et de se marier. Peu à peu, il se met à écrire des chansons qu’il interprète dans n’importe quel rade qui veut bien l’accueillir et se fait connaître sur la scène folk locale en pleine effervescence. Auteur et compositeur de tous les titres, il débarque après In Memory of Loss, album doux-amer d’inspiration folk en 2010, avec maintenant un album dans lequel il semble communiquer avec les grandes figures de la soul telles celles d’Otis Redding et de Sam and Dave. Ce multi-instrumentiste n’hésite pas, tout en rendant hommage au légendaire label Stax qui le reçoit, à explorer de nouveaux territoires mêlant et la soul et le folk à l’americana.

Au travers d’un titre soul-rock comme « I Never Get Old », du viscéral « Howling at Nothing » et du surpuissant « Trying So Hard to Know », qui ouvrent l’album avec une rare intensité, Rateliff se dévoille, non seulement sur le plan psychologique mais aussi physique avec cette voix rocailleuse, porteuse à la fois d’angoisse et d’espoir. Entre les confessions crues de « I’ve Been Failing » et de « Wasted Time », le titre « S.O.B » constitue de par son thème l’une des pièces centrales du disque, quelque part entre reproches et défis, c’est l’hymne rebelle d’un gamin issu d’une famille ouvrière de Heartland qui s’enfile un shot suivi d’une bière en guise de thérapie, avant de recommencer jusqu’à perdre conscience.

Certains titres montrent l’influence de The Band ou encore d’un jeune Van Morrison. Le CD aborde de plus certains aspects inévitables de l’existence comme la rédemption grâce à l’amour de celui qui pardonne dans « Thank You » ou encore « I’d Be Waiting » ou le désir sexuel dans « Shake », une chanson qui s’inscrit dans un style très New-Orleans. Nathaniel Rateliff & The Night Sweats, album sans titre, s’achève sur une note d’espoir avec « Mellow Out ».

http://www.nathanielrateliff.com

Claude Dannic

 

 

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1 Commentaire
  1. paco 3 années Il y a

    Magnifique! En plus quand on voit ce que lui et son groupe balance Live…quelle claque! Les compos sont superbes. Il y a aussi un petit bijou de vidéo chopée dans la rue dans le cadre des « Hokum Sessions » ou seulement avec deux guitares et le Band qui fait les choeurs et assure la rhytmique en snap-fingers et body-stomp qui est à tomber. Putain il y a une puissance et une cohésion chez ces mecs qui me fait penser à Southside Johnny & the Ashburys Jukes et le Springsteen des débuts avec le E-Sreet Band. Thanks Claude pour la découverte! Paco.

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