Mathis Haug, Wild Country

Chroniques de concert

C’est la générosité qui frappe en premier lorsque l’on rencontre Mathis Haug. Le quadra, aux vingt années de scène bien sonnées, est tout heureux de retrouver les amis autour d’une pinte juste avant de monter sur la petite scène du New-Morning. 

Et lorsque l’Epiphone en bandoulière, il lance les premiers accords de « Still Life with Smile » et « Carnival Train » il ne quitte pas son sourire et l’envie de partager quelques moments uniques.

Wild rodéos, in the sunset desperado and a Mardi Gras Dame Should you ferry on, to the sunset Remember her name

C’est parti pour le show… Mathis nous embarque bien vite sur les routes de « Wild Country », sur une terre qui porte son histoire de migration et traverse son nouvel album. Un titre en français (Des Miles), un en allemand (Luigi) posent un décor sans faute de goût dramatique et bohème.

A la droite de Mathis sur scène, il y a un certain Stephan Notari à la batterie, un camarade de jeu à la hauteur, c’est du lourd comme on dit dans le jargon. Les deux hommes partagent, dialoguent et se poussent l’un l’autre dans une belle performance qui fait plaisir à voir, bien accompagné également ce soir par Christophe Cravero aux claviers, violon, mélodica.

 

Si l’ambition première était de faire un album de country-music, avoue Mathis, il a bien fallu composer et écrire les histoires à deux mains et quatre oreilles avec Sébastian Danchin, réalisateur de l’album (Jean-Jacques Milteau, Mighty Mo Rodgers) ou Sal Bernardi (Rickie Lee Jones, Willie DeVille).

Les 9 titres portent la griffe du coup de patte essentiel, on retiendra en particulier « Wild Country », « Jimmy the Harp », « Rock Roll band » avec lesquels Mathis peut espérer séduire une audience et un public plus large. C’est vrai que depuis ses premières démos, Mathis a le don pour claquer des mélodies bien catchy. (on se souvient de la ligne harmonique de « Crash On You » en 2002, ndr).

Une voix où l’on entend poindre des intonations provençales

Alors, quand on l’interroge, un peu plus loin, il met l’accent sur le déclic de l’expérience du festival En Accord (2013, 2014), le musicien se remémore entre autre le partage de gammes orientales avec la chanteuse marocaine Oum. Les deux éditions de ce festival très particulier ont transformé la signification du verbe « Jouer » de la musique. C’est vrai que l’énumération de toutes ses collaborations musicales donne le vertige. Elles font partie des raisons de cette maturité artistique. Les séances, les rencontres, l’amitié sont en effet le creuset de ce « Wild Country ». Tout cet entourage a forcément transformé les envies premières au fil des enregistrements. Des prises de son qui ont eu lieu au Vega Studio et au Studiomatik de Guy Roots, des endroits atypiques en pleine Provence, qui nous font découvrir et apercevoir la patine de belles résonances… C’est vrai que nous ne sommes pas très loin des grands espaces camarguais ici… ça vient de là, ces éclats de lumière ?

La société, la politique, les flux migratoires, une planète en péril, sont encore des thèmes qui traversent l’esprit de ce nouveau recueil, sans donner de leçons, mais simplement une certaine perception du réel.

Le musicien, fait décoller la fin du concert, ça tourne south-funk sur « Big Machine », Mathis invite le guitariste nîmois Benoit Nogaret (Western Bell) a le rejoindre sur scène et faire tourner quelques solos sur « Birthday Cake », « Cannibal Dancer ». En rappel nous avons le droit à « Cortez the Killer » de Niel Young interprété à fond dans l’esprit déluge de décibels du Maestro …

Le prochain concert de Mathis Haug en région parisienne aura lieu le 8 juillet au Parc Floral de Vincennes dans le cadre du Paris Jazz Festival.

A noter, la très belle première partie de Cory Seznec qui présentera son nouvel album  le 7 juin 2017 au studio de l’Hermitage à Paris.

le site http://mathishaug.com

Jérôme Travers (texte et photos)

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

 

les 5 derniers articles de Jérôme Travers

0 Commentaires

Laisser une réponse

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi
DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?