Lucinda Williams, Little Honey : live, brut, festif, lumineux !

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Lucinda Williams « Little Honey »
Quand j’ai écouté l’album « Car Wheels On A Gravel Road » une évidence est apparue : le paysage « country » américain recelait des perles bien dissimulée comme Lucinda Williams. D’entrée sa voix qui trainait une tonne de fatigue me donnait des frissons et malgré des mélodies classiques, je sentais bien que derrière se cachait une personnalité qui m’accompagnerait pour longtemps. Rien que ces quelques lignes du titre éponyme, donnaient le ton : Sittin’ in the kitcken a house in Macon, Loretta’s singing on the radio, Smell of coffee eggs and bacon, Car wheels on a gravel road

Les médias spécialisés l’avaient alors désignée papesse de l’alternative country, une étiquette dont elle se méfie. Chose certaine, la quinquagénaire doit être considérée parmi les plus accomplies du songwriting américain, au même titre qu’Emmylou Harris ou Sam Philips. Bien qu’elle s’en défende se sentant plus proche de musicalement de Bob Dylan, de Tom Petty ou de Neil Young.
Ce qui frappe en premier lieu, c’est la voix de Lucinda Williams qui est un concentré de fatigue.
Dans son album précédent « West » sa voix rocailleuse se pose sur des musiciens accomplis. On y trouve entre autre Bill Frisell à la guitare ou encore Jim Keltner à la batterie. Lucinda est quelqu’un dont la frontière entre vie privée et musicale semble d’une finesse presque transparente. Elle sait chanter à la perfection ses chansons d’amour perdu. Sa relation avec son ex qui avait des problèmes de drogue et d’alcool s’étant effondrée « Learning how to live » et la perte récente de sa mère « Mama you sweet » nous entrainent dans une mélancolie et une poésie qui nous ensorcellent ; sans compter les ambiances acoustiques de ce huitième album qui n’est pas sans évoquer un certain Harvest de Neil Young.
Le nouvel album « Little Honey » son nouvel album parait assez différent. Beaucoup plus live, plus brut, plus festif, plus lumineux également. Par Exemple le titre « Tears of Joy » annonce une période clémente de sa vie. « Pour une fois, j’ai écrit une chanson où les larmes sont des larmes de joie », confie-t’ elle en en riant.
Un disque beaucoup moins introspectif où l’on trouve même une reprise surprenante d’AC/DC, « It’s Long Way To The Top » qui est le titre qui termine les concerts. On ressent un tournant dans le chemin de Madame Williams et ce n’est pas pour nous déplaire. « Honey Bee » va lorgner vers un « My Sharona » des Knacks. Le blues également n’est pas en reste, il suffit pour s’en assurer d’écouter et « Heaven Blues » et un parfait exemple de talking blues comme on aimerait en écouter plus souvent. Dans « Jailhouse Tears, » elle partage le temps d’une chanson un scénario issu de son expérience avec son ex qui est chanté par Elvis Costello. Une chanson écrite sur le mode « elle dit, il dit » sans détour « Look at me, I’m clean now » annonce Costello ce à quoi Williams répond « You’re so full of shit ».
Le Los Angeles Times n’hésite même pas écrire, si dans un univers Mick et Keith n’était qu’un, ce serait une femme…

http://www.myspace.com/lucindawilliams

Pierre Seguin

 

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