Little Al Thomas & the Deep Down Fools

Portrait

Little Al Thomas & the Deep Down Fools – Not My Warden – Blues Boulevard/ Music Avenue
Little Al Thomas est né à Chicago et a grandi dans le South Side. Au fil des ans il deviendra l’un des habitués de Maxwell Street. Pendant les années 60 et 70 il chante occasionnellement dans les clubs de son quartier, ouvrant notamment pour Bobby « Blue » Bland lorsque celui-ci officie dans les parages, servant ainsi de chauffeur de salle. Durant les eighties, le Petit Al passe à la vitesse supérieure et collabore principalement avec le guitariste Lacy Gibson (un ex guitariste rythmique de Willie Mabon, Billy « The Kid » Emerson et de Buddy Guy). Pendant la décennie suivante, Little Al Thomas, toujours tiré à quatre épingles, se produira principalement avec la formation de Johnny Drummer plaquant ainsi son chant au phrasé de guitare souvent flamboyant de Luther Adam. Il faut noter que le monde est parfois petit puisque Drummer et Gibson se sont croisés autrefois dans les orchestres de Mabon et du Kid.

En 1999, alors qu’il affichait allègrement 70 printemps, Little Al Thomas enregistrait sous son nom son premier album, « South Side Story », pour le label Cannonball en compagnie du Crazy House Band, un combo de blancs becs fondé par le batteur Tom « Mot » Dutko. L’album recueillait de louables encouragements de la presse spécialisée. La voix et la gouaille du petit chanteur auraient très certainement mérité un meilleur accompagnement que ce Crazy House Band parfois trop démonstratif. Ce cd sera réédité en 2004 par Audioquest avec un visuel à l’identique.

Trois ans après son premier jet, Little Al Thomas et ses compagnons du Crazy House Band remettaient le couvert avec un album Live enregistré pendant leur passage au Festival de Lucerne et édité alors par Crosscut Records. (cd chroniqué sur ce site, voir archives aout 2003). Très probablement boostés par le public helvète, Thomas et le Crazy House Band proposaient alors un répertoire plein de standards mais construit avec hardiesse, hargne et sincérité.

« Not My Warden » est donc le troisième cd de ce chanteur reconnaissable à son timbre et aussi à ses élégants costumes (je ne parle même pas de ses chapeaux …). Première constatation : exit le Crazy House Band et place au Deep Down Fools. Bon, on retrouve la moitié du Crazy House Band au sein de cette nouvelle line up, à savoir le guitariste producteur John Edelmann qui a aussi la particularité d’être flic dans la vie et le bassiste Eddie Galchick. Le reste de la troupe est constituée du claviériste Rob Waters et du batteur Marty Binder, sans oublier Mike Scharf qui remplace Galchick sur deux plages. Sur une composition de l’ancien batteur Tom Dutko on sait d’emblée qui est le patron : c’est le Petit ! Edelmann voudrait bien en découdre, de préférence à grands coups de slide, mais Little Al Thomas ne s’en laisse pas compter. On ne la lui fait plus au Petit, il laisse juste espérer son guitariste qui va finir par rentrer dans le rang. Idem pour le second titre, le succulent « I’m Gonna Buy a Politician » dont on pourra se délecter en découvrant les paroles. La section rythmique est en place, gros groove et les ivoires tempèrent la guitare qui essaie d’en remettre une couche. « Not My Warden », qui donne son nom à l’album, fait d’entrée une allusion à Johnny Guitar Watson mais surtout à certaines vicissitudes de la vie (prison). « Ready Freddie » est une pièce instrumentale sensée rendre hommage à Freddie King mais John Edelmann a encore du chemin à faire, ceci dit il a au moins le mérite d’avoir parcouru un bout de la route.
« Wonder What You Think », avec une guitare primesautière, laisse la part belle au chant déclamatoire du Petit Thomas, au cas où vous n’auriez pas compris, c’est bien lui le Boss. « Don’t Take the Keys » est un beau mid-tempo qui laisse le premier rôle à l’orgue de Rob Waters avec un Edelmann qui calme enfin sa guitare. « Anger Heats my House » est un blues lent qui permet au chant de se faire plus langoureux, plus passionné. « Cartoon Lover » diffuse quelques sonorités de West Coast mais les effluves de Chicago ne s’éloignent jamais bien longtemps. « Big Time Operators » est un inusité de Van Morrison (le titre figurait sur le cd « Too Long In Exile ») qui permet d’entendre la belle complicité entre la voix hargneuse de Thomas et une guitare qui a fini par tempérer ses ardeurs du début, qui pour un peu aurait même capitulé. Place ensuite à un second instrumental aux sonorités West Coast qui aurait mérité d’être légèrement raccourci. Seconde reprise avec le « Reconsider Baby » standard de Lowell Fulson gravé à l’origine pour Checker. L’album se clôt avec « Coronado » un instrumental métissé qui est supposé détendre l’atmosphère mais dont on peut se demander ce qu’il vient faire là, il aurait été préférable d’entendre encore une fois le Patron … vous savez, le Petit, celui qui chante, Little Al Thomas.
Un cd mis en boîte en 2009 qui permet de redécouvrir un chanteur (79 ans) ayant enregistré sur le tard, et qui me semble plus intéressant et captivant que les opus précédents. On aurait par contre préféré un autre visuel que ces mains tenant les barreaux de cette cage, Little Al Thomas étant photogénique. Mérite le détour !

Le Kingbee

 

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