La tribu de Pierre Perret au café du canal 

Chronique de Bars et Café philo

Mon ami Pierrot : l’envie était trop tentante de faire ce mauvais jeu de mots pour un Perret que je ne connais ni des lèvres ni des dents comme aurait dit Frédéric Dard ! Mais seule l’actualité m’amène à exécuter cette chronique car autour des Ogres de Barback (les puristes vont chercher sur la chaine du blues sans les trouver) toute une tribu de la nouvelle chanson française s’est retrouvée pour rendre hommage à Pierre Perret qui fête ses 60 ans de carrière cette année.

Mais que vient faire Perret dans notre univers bleu ? Rien absolument rien, sinon être de ceux et celles qui depuis fort longtemps nous ont oxygéné les conduits auditifs en nous rendant moins cons !

Car si Pierrot n’a rien de blues musicalement, il a accompagné notre jeunesse nos années de poésie, de luttes et de gaudriole par ses propos poetico-anarcho sympathiques. Pierre c’est celui qui peut vous inventer des phrases du type elle a la taille aussi mince que la retraite des vieux. C’est quelqu’un qui peut faire chanter à tue tête des gamins et des gamines (j’en connais même des attardé(e)s qui le font encore) des jolies colonies de vacances à tonton Christobal de la cage aux oiseaux au tord boyau sans parler de c’est au mois d’août ou du Zizi.

Voila les incontournables un poil rabelaisiens qui reviennent. Perret l’humour vache et tendre. Perret la gouaille. Mais mon colon celui que je préfère c’est le Perret engagé comme il le dit témoin de ce monde qui se barre en… sucette !

Et ce CD qui vient de sortir offre la fraicheur de toute ses facettes de celui sans qui la langue française serait un poil plus pauvre, celui qui entre Georges Brassens et Bobby Lapointe a toujours voulu par sa truculence nous divertir sans nous emmerder, nous faire prendre conscience sans état d’état d’âme n’en déplaise aux bas du front pour qui certaines chansons étaient et restent intolérables.

Alors autour des Ogres de Barback, ils sont venus nombreux ceux qui voulaient rendre hommage à ce grand monsieur marginalisé de la chanson française : François Morel et Lionel Suarez, Magyd Cherfi, Mouss et Hakim (Ex Zebda), Tryo, Féfé Eyo’Nlé Brass Band, Daniel Waro, Rosemary Stanley (Moriarty) Joel Hoareau et René lacaille, Christian Olivier (Têtes Raides) et Benoit Morel (La Tordue), Idir, Flavia Coelho, Alexis HK, Didier Wampas, et Massilia Sound System) tous sont venus ensemble ou séparément apporter leur contribution à cette œuvre de panthéonisation de la pensée libre fertile et gouailleuse.

De fait peu importe le choix des titres Il fallait en choisir une quinzaine pour constituer cet album.

Et même si la voix de Pierrot n’est plus celle qu’elle était quel plaisir nous ressentons à le savoir derrière toute cette tribu qui lui rend hommage au point que parfois il ne peut s’empêcher de faire des commentaires (à vous de découvrir).

Quel plaisir d’entendre toutes ces voix nous dire qu’amour, liberté, fraternité, poésie et combat riment ensemble et que la parole du Pierrot n’est pas perdue et se perpétuera encore longtemps dans notre belle langue.

A l’heure où l’ennui d’une société macronisée nous menace d’asphixie cérébrale, il est bon d’entendre des mots simples pour nous dire qu’il y a de l’espoir, de la poésie et des combats qui méritent d’être encore menés, de génération en génération, pour lutter contre toutes les bêtes immondes qui innondent notre société. et tant pis si ce ne sont que quelques minutes de soleil en plus.

Au fait et vous, quel est est votre Perret préféré, lorsque notre ami Pierrot apprête sa plume ?

Serge Sabatié

 

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