La Maison Tellier

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La Maison Tellier – Second Souffle – euro-visions
En ce début d’année 2008, pour étancher votre soif d’explorations musicales, j’aimerais vous présenter « La Maison Tellier ». Ce groupe ou devrais-je dire ce collectif d’artistes a été découvert grâce à Radio Nova qui propulsa sur les ondes leur reprise acoustique de « Killing In The Name » de Rage Against The Machine. La Maison Tellier vient de livrer cet automne 2007 « Second Souffle », un recueil de 12 titres qui nous remue les tripes. Ils seront à La Scène, à Paris, le 28 mars prochain…

Mon intérêt pour ce groupe est devenu engouement quand j’ai téléchargé gratuitement (et légalement) sur leur site un zip de 5 titres tout aussi touchant que ce nouveau cd… (Sans oublier leur premier album qui nous racontait l’histoire de « Cactus Kid ».)
Au fur et à mesure des écoutes, la filiation avec Gram Parsons, le mythique cowboy cosmique, est devenue évidente mais avec ce petit quelque chose (de Blues) en plus qui colle immédiatement à la peau. La diversité de leur musique et le décloisonnement culturel suffit de m’achever, me brisant le coeur. En bref, c’est le coup de foudre…

Un texte littéraire en bannière, ce collectif affirme ses racines normandes se baptisant du nom de la nouvelle de Guy de Maupassant. La Maison Tellier sera peut-être l’ovni que nous attendions. De leur côté, les Tellier ne trichent pas faisant d’infortune bon coeur… C’est la première chose qui marque chez ces gens-là, une désespérance froide du texte faisant écho aux oeuvres modernes proches de celles d’Olivier Adam pour les accents graves de « Second Souffle » ou de Road-Movie à la manière du cinéaste Manuel Poirier. Mais attention, les auteurs « maison » diversifient leur expression ; la moitié des titres est écrite in engliche. Vous voilà prévenus…

L’interprétation musicale s’oriente électro-acoustique et s’enracine côté folk, la trompette efface l’harmonica habituellement employé dans le genre… Musique de genre oui mais pas seulement, l’enregistrement, le mixage rappelle parfois les accents de « Melody Nelson » pour ses accords mineurs. Raoul et Helmut Tellier s’amusent à brouiller les pistes, à jouer avec les codes de la complainte lui offrant ici une cure de jouvence. Belles guitares, mandoline et double basse se laissent entraîner dans la ronde…

Le plus souvent sous forme de duo ou de dialogue homme/femme, les voix marquent la signature du groupe. Elles renforcent notre attachement à l’écoute d’un passé proche, de notre mémoire collective, nous renvoyant par de longs plans séquences au cinémascope de Sergio Leone sonorisé par Morricone. L’alchimie opère tant la proximité du souffle des chanteurs et chanteuse réveille en nous des fantasmes de certains dimanches d’hiver, assis à la table de cuisine de la ferme ou du Bar-Tabac humide de Haute-Normandie. La dépression guette derrière les vitres d’une improbable gare de campagne… « Les Terres Brunes » (cover de Dominique A) collent aux bottes en caoutchouc… La Maison Tellier ne sert pas la soupe froide goûtée chez d’autres lauréats de la chanson française… Le discours, ici, prolonge les souvenirs des Tellier en résonance avec l’arpège d’un banjo bastringue… Puisqu’il est question de cela, n’hésitez pas ! Prenez votre courage à deux mains et allez frapper à la porte de la Maison Tellier, vous verrez c’est un enivrant bordel et je vous y promets de belles et d’intrigantes rencontres…

Le site officiel : http://www.lamaisontellier.com/
Le blog : http://lamaisontellier.canalblog.com/
Le myspace : http://www.myspace.com/lamaisontellier

Docteur Blues

 

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