James Armstrong

Portrait

James Armstrong • Blues Been Good To Me

Originaire de Los Angeles où il voit le jour en 1957, James Armstrong est un enfant de la balle comme on dit. Son père était guitariste de Jazz tandis que sa mère officiait dans le milieu du Blues comme chanteuse. James se met très tôt à la guitare (les chiens ne font pas des chats) et monte son premier groupe alors qu’il est encore au lycée.

Plus tard, il va faire ses gammes en accompagnant Big Joe Turner, Albert Collins et surtout Smokey Wilson devenant le plus jeune musicien de l’orchestre. Durant les années 80, il devient membre fondateur du groupe Mama Roo décrochant au passage un modeste contrat avec le label Crescendo Records. Ce n’est qu’en 1995 que le guitariste enregistre son premier disque pour le label Hightone de Bruce Bromberg. Deux autres disques suivront, un petit miracle diront certains. En effet en 97, James est victime d’un cambrioleur qui le laisse pratiquement invalide (blessure au couteau). Il faudra au guitariste de longues séances non pas de studio mais de rééducation pour se remettre quelque peu de cette tragédie. Mais sa main gauche portera longtemps les stigmates de cette folle nuit. Cerise sur le gâteau, trois de ses titres incorporeront les bandes originales dans des films hollywoodiens.

Le guitariste va profiter de sa convalescence pour se lancer à fond dans le travail de composition. En 2011, après avoir tourné quasiment sur toute la planète, il signe chez Catfood Records, label dont le porte drapeau est Johnny Rawls. James Armstrong va enregistrer « Blues At He Border » en 2011 suivi par « Guitar Angel », album dans lequel il reprenait un titre des Eagles et un autre de Johnny Copeland.

Enregistré à Saint Louis au Sawhorse Studios, un studio connu pour avoir enregistré Son Volt et plus récemment North Mississippi Allstars, « Blues Been Good To Me » semble sonner comme une thérapie pour Armstrong. Lors d’une récente interview pour une revue américaine, James Armstrong déclarait être quelque peu stressé au moment de débuter la session. Il revenait d’une longue tournée comprenant 14 dates en Espagne et n’avait pu fignoler comme à son habitude, les titres avec ses accompagnateurs. Mais le stress a parfois du bon. Avec Jason McEntire aux commandes, la petite troupe ne tarde pas à prendre ses marques. Il faut dire que la séance est supervisée par Johnny Rawls, présent au chant sur une chanson, et Jim Gaines, tous deux participant à la production. « Blues Been Good To Me », titre donnant son nom à l’album annonce la couleur. C’est bel et bien la section rythmique qui ouvre les hostilités bientôt rejointe par le guitariste sur un shuffle mid tempo permettant de prendre la température. « Second Time Around » n’a aucun mal à retenir l’attention. Sur une tonalité à la Robert Cray (celui du début), le titre débute sur une intro copie conforme de « Secret Agent Man » popularisée par les Challengers et Johnny Rivers et accessoirement bande son de la série TV « Destination Danger » avec l’espion John Drake (Patrick McGoohan). Rassurez-vous, si le refrain revient à deux reprises, la mélodie imprimée par le guitariste et des chœurs en fusions demeure totalement différente.

« Early Grave » nous conte le retour d’une épouse adultère rentrant au domicile retrouver son cher et tendre sur une coloration très proche, encore une fois, du Robert Cray Band de la bonne période.

Le guitariste incorpore probablement une tranche de vie sur l’excellent « Old Man In The Morning », l’histoire d’un musicien vieillissant qui retrouve sa jeunesse dès qu’il est sur scène.

A noter l’intervention de Johnny Rawls au chant sur ce titre. Changement de cap avec « Change In The Weather », un slow blues épuré pour une véritable heartbreak song, le genre de morceau simple qui pourrait durer des heures et dont on ne se lasse pas. Autre superbe ballade parlant d’un amour rencontré jadis avec « Ain’t Another Love Song » qui n’est pas sans rappeler le « My Girl » des Temptations. Le guitariste reprend l’un de ses premiers succès avec « Sleeping With A Stranger », totalement réactualisé tant au niveau de la production que du chant. Ce titre sert quelque peu de révélateur, le guitariste semble avoir retrouvé une grosse partie de sa dextérité sur ce titre vieux de presque 25 ans.

Au rayon des reprises, Armstrong surprend encore en s’attaquant à « Addicted To Love », hit mineur de l’anglais Robert Palmer. Là, le guitariste transforme totalement le morceau pour nous délivrer un mid tempo, parfait prototype de Blues californien. On appréciera au passage les deux choristes bien dans le ton et les nappes de claviers de Matt Murdick (ex compagnon de route de Buddy Guy et John Primer). Si le titre a été repris à moult occasions, James s’en tire haut la main et relègue à des années lumière les nombreuses tentatives d’un titre remis au goût du jour par Florence + The Machine. A l’instigation de son guitariste rythmique Johnny McGhee, ancien accompagnateur de Marvin Gaye, James reprend « « How Sweet It Is To Be Loved By You » de l’immense Marvin Gaye. Si le titre débute avec une guitare à la sonorité des plus roots, le titre s’adoucit avec les volutes d’orgue et l’intervention de choristes, encore dans le bon tempo.

Le petit passage de slide en milieu de titre reste une bonne trouvaille.

Si ce standard de Marvin Gaye a été repris à toutes les sauces, souvent immangeables (James Taylor, Karen Dalton, Captain & Tennille pour ne citer que quelques uns des plus gros massacreurs), James Armstrong parvient encore à retenir l’attention en s’éloignant de la copie servile, transformant ainsi une pépite de la Motown en un petit trésor blues.

L’album se clôt avec le pessimiste « Shot Gun Wedding » encore une histoire d’amour condamnée dès son départ.

James Armstrong n’est probablement pas le meilleur chanteur ni le meilleur guitariste, mais le bonhomme grâce à son humilité, sa sincérité, un répertoire cohérent, une production bien léchée et un excellent combo dont aucun membre ne tire la couverture à soit mais au contraire n’a de cesse de placer l’équipier sur orbite, nous offre un album se buvant comme du petit lait. Pour résumer cet univers sonore, il suffit d’imaginer un tiers de Robert Cray Band (première période jusqu’à « Strong Persuader »), un tiers de Joe Louis Walker (époque Hightone et Verve « Blues Survivor »), auquel on rajoutera des zestes de W.C. Clark, le tout saupoudré d’un California Blues de haute tenue.

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Le Kingbee

 

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