Introduction aux Blues Moderne

Chronique de Bars et Café philo

Ce petit article ne se veut pas exhaustif et ne peut pas citer tous les artistes et ses dizaine de styles musicaux, ceci n’est qu’une introduction. Vous trouverez à la fin de cet article des références bibliographiques et des liens internet vous permettant d’approfondir le sujet.

1/ Les courants

Le Blues peut être classé par genre ou par région géographique, ce qui semble plus aisé pour établir les filiations. On distingue principalement 5 régions ou ville des Etats-Unis ayant données naissance aux courants correspondants a savoir:


/Le Texas

Principalement associé à Austin, véritable Mecque du blues depuis les années 80 avec notamment Albert Collins le génial showman (la télécaster à l’épaule)Anson Funderburgh, les Fabulous Thunderbirds, Stevie Ray Vaughan sans oublier depuis les années 70 Freddie King (disparu en pleine gloire), Johnny Winter et ZZ Top(très blues à cette époque)

Les talents modernes: Anson Funderburgh et Sam Myers, cette association a permis de ressusciter la carrière de Sam Myers harmoniciste et chanteur attachant sachant écrire des titres à l’humour toujours présent


Chicago

Lieu de naissance du blues électrique et des créateurs du combo blues type: guitare, harmonica, section rythmique et piano. Personnage emblématique Muddy Waters Mojo man un peu sorcier, à la voix sensuelle et tirant de sa guitare et de son bottleneck des plaintes déchirantes (aka Mc Kinley Morgandfield) ainsi que Holwin’Wolf le géant du sud profond fruste harmoniciste mais “blues shouter” et les cohortes de sidemen de talent qui se sont illustrés chez ses deux grands, citons en vrac: Little Walter, Jimmy Rogers, Willie Dixon (songwriter prolifique), Hubert Sumlin ou encore Otis Spann et Pinetop Perkins tous deux pianistes émérites du blues chicagoan. Il ne serait pas juste d’oublier Jimmy Reed et ses standards, Otis Rush, Buddy Guy , Junior Wells et Magic Slim tous encore en activité ( à l’exception de Junior Wells décédé en 1999 )

Les talents modernes: L’incontournable Luther Allison chanteur et guitariste aux concerts mémorables (souvent près de 3h) émigré en France pour trouver une reconnaissance. Ce qui lui permettra de revenir à Chicago en 99 pour enregistrer un merveilleux mais malheureusement dernier album “Live in Chicago” sur Alligator ou le très bon “Live in Paris” enregistré au duc des lombards et qui restitue parfaitement la magie des performances de Luther.

Bill Sims vieux routier de la scène blues avec son premier album magnifique “Bill Sims” WEA/Warner brothers.



La Californie

Tout d’abord T-Bone Walker (natif du Texas) le génial guitariste et chanteur à la voie de crooner avec des arrangements de cuivre inventifs et un sens du swing inné, il est probablement l’un des tous premiers guitaristes à avoir utilisé l’amplification pour élever la guitare au niveau des autres solistes des grand orchestres (Charlie Christian étant l’un des précurseurs dans le jazz). Albert Collins déjà cité a également émigré en Californie pour y développer un blues funky caractérisé par les rugissements que Albert sort de sa guitare (accordée bizarrement en ré mineur).

Les talents modernes: Robert Cray apparu sur le devant de la scène dans les années 80, il a su retrouver la veine soul d’Otis Reeding et la mélanger avec son blues original et très cuivré, redoutable guitariste à l’attaque reconnaissable il a fait ses classes au coté d’Albert Collins. Le choix de ses disques est vaste(plus de 15), mais j’ai un faible pour “Bad Influence” 1986 Hightone records ou le très soul ”Midnight Stroll”1990 Polygram Records.

Memphis

Le berceau de B.B King (natif d’Indianola), probablement le plus grand guitariste de blues des années 60, infatigable performer (300 concerts par an) il reste le standard du blues moderne et tous les grands lui rendent hommage, toujours honnête même si il passe aux yeux de certains pour un exemple trop policé de l’idiome noir. Sonny boy Williamson chanteur hors pair rival de toujours de Little Walter pour les harmonicistes, mais aussi James Cotton (sidemen de Muddy Waters).
Albert King quant a lui a bourlingué de ville en ville mais c’est son association avec Memphis et STAX records qui lui ouvriront la voie d’un succès pendant les années 70, malheureusement les portes de la gloire se refermeront avant son apogée même si il reste la référence de Stevie Ray Vaughan ou de Tab Benoit par exemple.


La Nouvelle-Orléans

Pour toujours une cité à part très multiculturelle, elle est à l’origine de nombreux musiciens ayant côtoyé de près ou de loin le blues: Earl King, Lightnin’ Slim ainsi que le rugueux Guitar Slim. dans un autre registre on peut citer Professor Longhair ( le buste du Tipitina de N.O) Doctor John et Eddie Bo, tous trois pianistes héritiers de la tradition Barrelhouse et du blues gris-gris.

Les talents modernes : Tab Benoit tout d’abord se réclamant d’Albert King, il distille un blues qui sent bon la Louisiane, les marécages et les alligators du bayou “Thèse blues are mine” sur Vanguard .
John Mooney personnage énigmatique hanté par la vision de son mentor: Son House (contemporain de Robert Johnson et prêcheur du country blues) John sait mixer le rythme de New-Orléans (le fameux Second Line) avec le blues rural le plus pur. A découvrir “Against the Wall” sur le label “House of Blues”. Enfin Anders Osborne qui mixe le country, la pop et le blues dans un gumbo savoureux “Two times” sur Dixiefrog.


New-York

Cette ville était jusqu’a présent surtout connue pour sa scène jazz, mais récemment “Big Apple” a révélé de nouveau talents tel que Popa Chubby et Big Ed Sullivan Parmi les anciens, citons Mickey Baker à cheval entre jazz et blues il a participé a de nombreux enregistrements studios et a rédigé de nombreuses méthodes de guitare avant d’émigrer en France ou il réside toujours à l’heure actuelle

Les talents modernes : Popa Chubby avant tout, rescapé de la scène Hardcore et des clubs obscurs il en est à son 6 ieme album et s’est imposé comme producteur de la scène New yorkaise. A écouter “Booty and the beast” sur O’keh ou “It’s Chubby time” sur Laughing Bear records.


Les Inclassables

Trois artistes que je considère comme incontournables tant par leur discographie pléthorique que par les différents styles abordés.



John Lee Hooker
Difficile de trier le bon grain de l’ivraie tant la liste des disques de cet artiste est longue il set tout simplement l’inventeur du Boogie et Canned Heat ou ZZ Top lui sont redevables a tout jamais le chanteur guitariste de Détroit peut passer du blues le plus poétique comme “Milk, Cream and Alcoohol”, au boogie graisseux et endiablé de “Boogie chilen”.



Taj Mahal
Ce natif de New York a su mettre à profit ses études de musicologie et sa constante recherche des racines du blues pour enregistrer de nombreux albums références Multi-instrumentiste (piano, guitare, harmonica, chant) il est a découvrir sur “The Natch’l blues” sur le label Columbia en 68 ou plus récent “Senor Blues” sur BMG en 97.. Sa carrière continue en parallèle entre son groupe le Phantom blues band ou bien en solo pour un retour vers ses racines africaines,dans l’album “Kulanjan” en 1999.



Ry Cooder
L’alien de service, curieux de tout, guitariste de slide fantastique (probablement le meilleur) il passe sans problème apparent du blues de Sleepy John Estes ou BlindWillie Mc Tell au Conjunto mexicain ou à la guitare hawaienne de Gabby Pahinui. Compagnon de Taj Mahal dans les Rising Sons il a accumulé les séances de studio pour les plus grands et les musiques de film (Paris texas, Long Riders etc…) sa discographie recèle de pur joyaux tel que “Chiken skin Music”, le live “Showtime” ou le bouillant “Get Rythmn” tous sur Warner Brothers. Il ne faut pas se laisser déboussoler par la diversité musicale de ses disques, car c’est là que réside sa vraie richesse.
Il est devenu un producteur émérite avec plusieurs collaborations fantastiques Buena Vista social club pour la musique de Cuba, Talkin’ Timbuktu avec Ali Farka Touré ou encore Terry Evans pour le R’n’B et même avec des musiciens hindous comme Mohan Bhatt.en 1993 sur le label Water Lily acoustics.

Les Liens Internet



OffBeat magazine

Site sur BB King

http://www.bluesweb.com/

The Official Blues Ring

Site répertoire


Références bibliographiques

Nouvelle encyclopédie du blues par Gérard Herzaft (jacques grancher éditeur)
OffBeat revue mesuelle (en anglais) consacrée à la musique de New Orleans
Le Blues Moderne par Philippe Bas-Rabérin (albin michel/rock and folk)
Soul Bag seule revue en francais exclusivement consacré au blues (sur abonnement)

 

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