How will the wolf survive

Chronique de Bars et Café philo

Putain les mecs ! Respect ! Là on parle d’un lascard… real Cat Buddies… qui s’est lapé le minou de la sublime Faye Dunaway… d’un mec qui a goupillé avec son gang de fous furieux un des meilleurs live de tous les temps « BLOW YOUR FACE OUT » faisant ressembler la plupart des autres à une fête des voisins chez les moines trappistes… d’un mec qui a mis le pied à l’étrier… sorry… sur le kick d’une bande de jeunes lads qui après les avoir vus sur scène ont su ce qu’ils leur restait à faire et ont montés Dr Feelgood… d’un mec dont le fondu de guitariste JAY GEILS s’est pointé à la bourre à son mariage en Harley, a béquillé celle-ci dans l’allée centrale de la nef avant de se glisser respectueusement entre les prie-dieux après s’être signé… on a de la religion quoi ! …

D’un mec qui lors du concert pour l’émission Chorus de De Caunes s’est pointé l’œil beurré de toutes les couleurs d’un arc en ciel après s’être pris une branlée, une cuite ou une gamelle dans un rade de Pigalle et qui ne se souvenait pas trop pourquoi mais qui disait que c’était certainement à cause d’une gonzesse… Bref avec une gueule de bois taillé au burin ce qui ne l’a pas empêché ensuite d’y foutre le feu à ce putain d’Empire tel un néron du Rythm’ Blues amphetaminé
Un mec du Bronx quoi !

Qui avant de la pousser était disc-jockey sur WBCN-FM à Boston et avait son émission qui s’appelait « NIGHT HOUSE PARTY ». Un féroce de DJ à la WOLFMAN JACK ou à la PRESIDENT ROSKO et qui avec son débit de commissaire priseur sous speed et son bagout de prédicateur dont les évangiles auraient été torchés plus à l’Appollo que par les apôtres transformait n’importe quel siège de trucks et de caisses sur les highways et les parkings des drive-in le samedi soir en low-riders.
Une pointure !

Mais pour beaucoup c’était soit sorti des radars ou alors dans le rétroviseur de la nostalgie que son nom disait encore quelque chose. Pour certains on était pas loin même de la sortie de route.
Après la dissolution du groupe qui portant avait décroché la timbale en 1981 avec « Centerfold » sur l’album « Freeze Fame » et enchaîné hits, stades et clips en rotation sur MTV mais perdu en chemin leur noyau dur de fans Peter Wolf entre 1984 et 1990 enchaîna au rythme d’une bouze tous les trois ans des albums essayant maladroitement de redécrocher le jackpot. « LIGHTOUT » comme son nom ironiquement l’indique avec sa production datée, ses synthés sautillants comme des morpions et ses clichés faussement funky énervés semblant tout droit taillé pour les séries tape à l’oeil de l’époque à la Miami Vice et les salles de fitness était pas loin en effet du disjonctage et du pétage de plomb. « COME AS YOU ARE » était à l’image de son clip crétin à la Pee Wee Herman et ce n’est pas « UP NO GOOD » qui allait relever le niveau avec ses grosses guitares pseudo-heavy stéroïdées bourrinant derrière.
De toute façon à l’époque à défaut de retourner leurs vestes ou plutôt leurs blousons beaucoup de Rockers les balançaient à la poubelle directement dans le broyeur. Les maisons de disques leur faisaient miroiter dollars, charts, lignes de coke, rangées de magnums et brochettes de tops models pour certains et remises à flots pour d’autres. Au final, beaucoup burent la tasse ou se noyèrent dans ce monde de frime ou la musique était devenu un prétexte à illustrer les bouffonneries clippesques et regressives de M(erde)TV à la manière du ZZ TOP d’ELIMINATOR qui si ils décrochèrent la queue du Mickey se couvrèrent de ridicule et mirent plus de 20 ans à redresser partiellement la barre sous la houlette de Rick Rubin ce Red Adair pyromanne avec la sortie de « La Futura » en 2012… et que dire de Willy De Ville, Brian Setzer, Feargal Sharkey, John Fogerty, Alan Véga voire les Ramones.
Qui écoute encore jusqu’au bout « Miracle » (Il n’y en eut pas et Knopfler a pu retourner tricoter ces solos à rallonge dans ces lives aussi gras et poisseux que son bandeau et ses poignets en éponge de l’époque…), « Eliminator », « Eye of the zombie », « Live nude guitar », « Just a million dreams » et « End of the century »?
La liste est longue de toutes ces daubes qui au nom de faire branché et de décrocher un hit vous balançait des synthés, un son passé au débouche chiottes et un drumming de batterie compressé capable de saloper n’importe quelle chanson là ou de toute façon il n’y en avait pas avec en plus comme gage de crédibilité un Rick Okasek, un Dave Stewart ou autre Mark Knopfler aux manettes… pitoyable !
Bon pour les Ramones le choix tout aussi évident que suicidaire de Phil Spector avait au moins un certain panache dans la dinguerie vu l’état des neurones de chacun.
C’est donc à la fin des Nineties que le Wolf décida d’arrêter les frais à moins que ce fut les maisons de disques.

Le silence dans les bacs dura 6 ans.

Puis déboulèrent « Long Line » son albums de reprises en 1996, « Fool’s Parade » en 98, « Sleepless » en 2002 qui a été choisi comme un des meilleurs albums jamais enregistré par Rolling Stones et dans lequel dailleurs Jagger, Richards et Steve Earle viennent fourrer leur nez et « Midnight Souvenirs » en 2010… tout aussi superbe.
Puis pause encore de 6 ans jusqu’à ce petit bijou de « A CURE FOR LONELINESS » sorti chez « CONCORD RECORDS » dernièrement et qui n’arrête pas de tourner en boucle at home !
WHY?
Because les douzes titres se succèdent sans temps mort et sans faire débander les neurones et arrêter de faire frétiller ce qu’il y a en dessous ! Entre les ballades somptueuses à la « ROLLING ON » ou piano, accordéon, orgue et coeurs subliment la voix du Wolf jusqu’au solo de guitare final, le Blues plus greasy de « IT WAS ALWAYS SO EASY TO FIND AN HUNHAPPY WOMAN » et son riff de guitare crasseux sur lequel il se la joue marlou avant de se faire rejoindre au coin de la rue par un solo de gratte bien vicelard, la sucrerie Soul-Blue-Eyes « PIECE OF MIND » digne de figurer dans le « Black And Blue » des Stones si celui ci n’avait pas été salopé par Billy Preston et les fantasmes chochottes de Jagger, le Skiffle Rockab’ foutraque de « HOW DO YOU KNOW » dégénérant Gospel, la mélancolie Tex Mex de « FUN FOR A WHILE » avec son accordéon et la steel chialant comme un chien errant le long de la frontière en compagnie du fantôme du Willy De Ville de « PISTOLA », le rock Dylanien de « WASTIN’TIME » période la tournée kamikaze, rageuse et hantée d’après ‘DESIRE » quand celui-ci n’enregistrait pas encore des crooneries digne de « la croisière s’amuse », le folk-blues dépouillé de « SOME OTHER TIME, SOME OTHER PLACE », le Burdonien « IT’S RAINING », la reprise skiffle live de « LOVE STINKS » joyeusement bordélique avec son solo de mandoline à tomber histoire de montrer qu’avant d’être un hit c’est dabord une putain de bonne chanson, le côté cabaret comèdie musicale déjanté de « MR MISTAKE » ou piano et guitare titubent dans l’escalier, la super-croonerie nonchalante (Clin d’oeil au Zim?) de « TRAGEDY » et juste avant de baisser le rideau de velours ou de fer le folk émouvant intimiste de « STRANGER »…
Donc…
je reprends mon souffle là ou lui l’aurait scatté sans débander à toute vibreur!

Donc!
Cet album est un joyau… peut-être une sorte de bilan comme l’étaient les derniers albums de Eric Burdon, Garland Jeffreys et Willy De Ville car le Wolf comme eux a tout vécu sans jamais tricher et sans jamais laisser sa part aux chiens. Et puis derrière entre Marty Balou, Larry Campbell, Duke Levine, Kevin Barry, Shawn Pelton, Kenny White et quelques autres la meute a fière allure et demeure indomptable car comme le dit le proverbe « Aux loups ne faut la rage apprendre »…
Loupé ce mec avec son gang l’a toujours eu.
Un mec du Bronx quoi!
WHHAAOUUU!

 

Paco

 

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