Horace Trahan, Until The End

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Horace Trahan a déjà fait l’objet d’une chronique sur le site. Rappelons brièvement le parcours du bonhomme, un apparenté de Joe Falcon (3génération) par son paternel : en 1999, l’accordéoniste se faisait remarquer avec l’impayable « That Butt Thing », titre qui rendait hommage à une partie du corps féminin… qu’on appellera ici buste ou poitrine selon votre bon vouloir.Le gars allait enfiler quelques bons albums, certes souvent durs à dénicher et puis le garçon allait disparaitre des écrans radars, il se murmure ici ou là qu’Horace était en proie à une crise existentielle ou mystique. Mais fort heureusement le bonhomme allait vite rebondir, en 2010, l’artiste allait nous asséner un vrai coup de canon avec « Keep Walking ».

La pochette pourrait faire penser à un album de Noël avec sept étoiles accrochées à un fil entourant une figurine en bois. Mais quand on regarde de plus près la petite sculpture en bois n’est autre qu’une représentation de la carte géographique de la Louisiane.

Contrairement à ses précédentes productions, Horace délivre ici un album plus personnel, les 11 titres proviennent de sa plume. On retrouve ici des two-steps alliant modernisme, respect des codes. En ouverture, « Feelin’ Alright » nous plonge dans le rythme endiablé d’un two-step, pas certains que tout le monde puisse suivre la cadence imposée. Les musiciens rompus à la scène louisianaise ont la sagesse de faire reposer les chevaux avec « Louisiana You Are My Sweet Home », une ballade Nola dans laquelle le sax de Doug Garb nous renvoie vers l’univers de Lionel Torrence. Chassez le naturel, il revient au galop ; le two-step demeure la trame principale du répertoire de l’accordéoniste, « Until The End » qui donne son nom à l’album est un two-step plein de nuances, les claviers d’Ivan Klisanin et le sax viennent en contrepoint de l’accordéon, toujours sur le point d’en découdre agrémenté  d’un bref mais excellent solo de guitare de Gabriel « Pandy » Perrodin Jr.,  le rejeton du regretté Guitar Gable.

Les amateurs de two-step et de dance floors seront comblés avec « Bottom Of The Boot », titre offrant une coloration New Orleans via un nappage de sax et un passage de gratte qu’on dirait sorti tout droit du studio de Cosimo Matassa. Le tempo se ralentit avec « Horace’s Mardi Gras », piste conjuguant slow two-step et Mardi Gras cajun célébrant le Carême, avec une symbiose entre la flûte et l’accordéon. Sorti l’an passé en single, « Legalize It » avait fait un peu de ramdam avec sa pochette et l’illustration d’un visage souriant fumant un joint. Si l’accordéon est toujours aussi présent, la batterie de Shane Bernard et le frottoir de Rodney, son paternel, impriment un tempo auquel il est difficile de se détacher. Le vétéran Rodney Bernard prend les commandes sur « What’s Harder Than Work », une belle parabole sur notre quotidien qui pourrait se résumer en quelques mots : « Perdre sa vie à la gagner ». On pourra apprécier les textes en old french et pour la première fois l’apparition d’un fiddle.

L’accordéon prend une teinte plus traditionnelle avec « Stars Up Above » qui pour un peu ferait office de musique la la (berceuse).

Le sax et la basse contribuent à apporter une grosse touche de groove à « Big Booty Judy », un Zydeco Soul tenu de main de maitre par la section rythmique. Le disque s’achève avec un two-step plus contemporain légèrement patiné de Soul, « Don’t Ever Leave Me » s’annonçant comme un message d’espoir. Enfin terminons ce tour d’horizon par « Three Steps Behind », un véritable Hillbilly Zydeco, comme si Horace Trahan avait mis dans son shaker Hank Williams et Jimmy C. Newman avec pour résultat une valse mid tempo aux fragrances mélancoliques.

Horace Trahan délivre ici un opus dans lequel la bonne humeur, la complicité entre les différents membres et la cohésion paraissent comme le nez au milieu de la figure. Répertoire cohérent entièrement constitué d’originaux, « Until The End » regroupe quelques pointures de la scène Zydeco : le bassiste James Prejean(ex Roy Carrier, Nathan Williams, Creole Zydeco Farmer et Thomas « Big Hat » Fields), le saxophoniste flûtiste Doug Garb (ex Travis Matte, Warren Storm), le guitariste Gabriel « Pandy » Perrodin Jr. fils du redoutable Guitar Gable, l’impayable Rodney Bernard, ancien frotteur de Fesnest Arceneaux, Marcel Dugas, Rockin’ Dopsie ou Lynn August et enfin Shane Bernard aux baguettes, un ancien compagnon de route de Corey Arceneaux et membre de Sampy and the Bad Habits, un batteur efficace qui tempère les ardeurs de son paternel, un vétéran qui a découvrir les secrets de l’eau de jouvence. Signalons la participation d’Ivan Klisanin à la basse, aux claviers et à la steel, auteur d’une production soignée sans surenchère et vous avez entre les mains un bon disque de Zydeco.

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