Festival Blues en Loire – La Charité-sur-Loire 28 et 29 août 2009

Les concerts

Les lieux provoquent l’esprit à les recréer (Richard Hugo)
A l’heure du débriefing, au Café de Paris en ce dimanche 30 août à la Charité sur Loire, il était évident que nous avions assisté à une belle édition de Blues en Loire. Au programme : Mac Arnold & Plate Full O’Blues, Paul Lamb & the King Snakes, Bluetones, Marc André Leger, Youssef Remadna Blues Band, Cotton Belly’s, La Planche à Laver, Lonj, The Blue Stuff. La promesse d’un bon cru et d’une belle météo avait été tenue.


Mac Arnold

C’est clair que la soirée de la veille avait été forte en émotion. Cette soirée m’avait un peu bougé, me réconciliant avec les concerts de Blues. A vrai dire, j’avais un peu perdu la flamme… Voir la lumière, ça fait du bien et apparemment je n’avais pas été le seul à en croire l’ovation que le public réserva à Mac Arnold and Plate Full O’Blues. Sur les derniers accords de « I Can Do Anything », le souriant sexagénaire était sûr de son fait. Sur scène, son groupe envoyait sec et le show, enlevé, sans temps mort avait mis en valeur sa voix de vétéran associée à une réelle modernité des arrangements. Son blues est inventif, fait de gimmicks accrocheurs, de petites intros de batterie et du son de ses fameuses guitares bidon bricolées à la maison avec son frangin. Je vous conseille l’écoute de son dernier Cd « Country Man » dont il nous livrait la version live musclée.


Marc André Leger

Il faut dire que la première partie assurée par Marc André Leger avait débutée sous le signe de la bonne humeur et de l’enthousiasme. Des dreadlocks lui balayant le dos, une paire de tongs aux pieds, Marc André Leger débutait son concert avec un blues de Charlie Patton. La claque ! Le public est conquis d’entrée. Marc André déroule son set rejoint par Guillaume Lagger à harmonica et Xavier Longchamp aux drums. C’est clair que le canadien aime faire partager sa musique, laissant la virtuosité au deuxième plan. La technique n’est utilisée que pour servir la chanson, une impression de facilité à en dégouter les apprentis guitaristes. Marc-André a ce truc qui fait croire à l’auditeur qu’il y a deux guitaristes sur scène, alors, on a beau chercher, essayer de comprendre… Un peu de magie peut-être ? Guillaume Lagger à l’harmo n’est pas en reste, les instrumentistes se complètent parfaitement. Guillaume exprime un jeu subtil et clair, un souffle léger et précis ou véloce et maitrisé. Le son est soigné et agréable des standards aux compositions personnelles, même quelques espagnolades et glissandos exotiques réchaufferont la température ; si les journées sont chaudes à la Charité les nuits y sont fraîches…


Cotton Belly’s

L’harmonica fut à l’honneur tout le week-end… L’après-midi du samedi c’est Yann « Willywood » Malek le chanteur harmoniciste des Cotton Belly’s qui proposait sa vision de l’instrument. Les Cotton Belly’s ce sont ces jeunes « va nus pieds » de la région parisienne vêtus de salopettes et chemises à carreaux, (bon les gars le total look c’est too much ;-). On pense à Creedence, aux Culs trempés mais ils jouent Blues, le leur, reste bien personnel. Ils alternent acoustique et électrique, Jérôme « Skippy benson » Perraut le guitariste y tire son épingle du jeu. Les Cotton Belly’s ont du talent et ils mettent rapidement le public dans leur poche. Bientôt, sur le titre « Cotton Jig » un groupe de jeunes spectateurs entameront une ronde sur le pré autour de la scène. C’est festif, il fait beau : the right band in the right place !


l’espace Prieuré

Vendredi, première soirée à l’espace Prieuré, nous passons le service d’ordre et découvrons le chapiteau de 600 places assises, mais c’est un millier de personnes qui s’est massé là pour assister aux concerts des Bluetones et de Paul Lamb. Tendu sur le fond de scène, un immense logo Blues en Loire sous un orage de spots rouges et de fumée, est du plus bel effet. Fabien, qui joue le rôle de régisseur au sein de l’association « Chat Musiques », nous explique qu’il n’y a que deux professionnels à l’éclairage et à la sono, tout le reste a été monté et sera démonté par des bénévoles, quel taff ! Mais les gars gardent le moral, c’est leur festival !


Ze Bluetones

Les Bluetones, on les connaît, groupe phare de la scène blues française jouent leur répertoire typé années 50, Agathe Sahraoui et Pascal Fouquet semblent les plus inspirés ce soir. Le reste du groupe apparaît plus en demie teinte, difficile de rester au top. Pascal m’explique pendant la Jam que les Bluetones sont arrivés au bout de l’aventure… Ils redémarrent un nouveau projet, un trio roots répondant au doux nom de Boogiematics composé d’Agathe et Thomas Troussier. On leur souhaite bonne route !

A l’entracte, à la buvette, on déguste du Pouilly-Fumé de chez Serge Dagueneau et filles. Oui je sais c’est un détail, mais important !


Ryan et Paul Lamb

Les King Snakes investissent la scène, le son double de volume. Ils sont bien décidés à en découdre. L’instrumental de préchauffage nous fait entrevoir un set puissant et incisif dont les anglais ont le secret. Le boss, Paul Lamb, ne tarde pas à les rejoindre, surexcité, il ne tient pas en place. Paul Lamb est une figure charismatique du blues anglais. Session man de luxe, leader ou co-leader d’un bon nombre de groupes dont le plus intéressant fut les Blues Burglars. Il est reconnu au UK comme l’harmoniciste incontournable. Des bons moments pendant le show, notamment les duels avec son fils Ryan à la guitare ou quand Paul entreprend un tour de chapiteau (sans micro) ponctuant son chorus de Hi et de Ha…


Youssef Remadna

Rencontre sympathique avec Youssef Remadna sur la place du marché, on assiste tout les deux au concert de l’orchestre dixieland La Planche à Laver. Ça swing, le public joue les claps. On ne se connaissait pas il y a un quart d’heure, alors, à la Brasserie du Centre on prend les apéritifs. Accoudé au bar, Youssef raconte des histoires drôles pour mettre l’ambiance. Il émerge. La nuit a été courte. La soirée sur le trottoir en face du Lansdowne Road Pub a « un peu » durée… Son quatuor assurait la jam hier soir. La dream team comme il les appelle, Stan Noubar Pacha, Thibault Chopin, Simon Boyer : un backing group de rêve pour le chanteur harmoniste qui aime la finesse et le style. Avec Youssef on ne joue pas fort… faites passer le message… Il aime poser sa voix mi-bluesman, mi-jazzman. On pense à Boz Scaggs… Ah, Boz Scaggs ! Son visage s’éclaire, on évoque « Come on Home » ce disque a laissé des traces dans pas mal de têtes. Youssef revient sur le show de l’après midi dans le jardin des Bénédictins. A son avis, c’était nickel, félicitant au passage l’ingé son. Il a vraiment apprécié les conditions du concert. Il me confit qu’il préfère ces concerts du off. C’est vrai que la scène dans le jardin le long du mur du prieuré diffusait un son enveloppant idéal. Devant 300 personnes assises sur les murets en étage, tout était relax . Les soli d’harmonica allant s’accrocher au cloché de l’église juste placé là pour le décor. Youssef les bras en croix n’avait plus qu’à saluer…

Elisabeth, présidente du Chat Musiques, nous promet encore des surprises pour le 8e Blues en Loire. Elle aimerait étendre le festival à toute la ville en ajoutant une scène supplémentaire. On reviendra l’année prochaine vérifier tout ça…

Dimanche, 15 heures, La Charité semble endormie sous le soleil, pas une âme qui vive, seul un chat noir traverse le parking. Le diable est paraît-il dans les détails. Le plus urgent ? Glisser le disque de Mac Arnold dans l’autoradio !

 

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