Fantastic Negrito aux nuits de l’Alligator 2017

Chroniques de concert

Fantastic Negrito aux nuits de l’Alligator 2017
Cette nuit de mardi n’était pas froide, elle n’était pas chaude non plus. il faisait quand même plus chaud que deux jours plus tôt lorsque nous étions venus pour voir et revoir Bror Gunnar Jansson. Ce dimanche soir-là, pas question de mettre un Alligator dehors ! Bror était la vedette sur la soirée précédé par William Z Villain, nouvelle découverte du label Normandeep Blues (sympa, à revoir dans un cadre plus intimiste) et par Karl Blau, guitariste country qui a déjà pas mal officié sous différents noms et sur de nombreux labels.

Venus pour le suédois, celui-ci ne nous a pas déçu. Après ses deux premiers albums, il nous gratifie d’un Vinyl EP 7 titres “and The Great Unknown Part 1”, où se reconnait la patte de l’artiste. Attendons la sortie de la part 2 pour revenir sur ce phénomène qui amène beaucoup de jeunes parmi le public à réagir à des blues revus et beaucoup corrigés, avec une maitrise de plus en plus évidente.

Donc mardi, nous avions décidé de renouveler notre déplacement pour tenter d’apercevoir le saurien dans la rue Boyer qu’il fréquente pendant une semaine tous les ans en cette période de février depuis maintenant une bonne douzaine d’année.

The Seratones, La Maroquinerie, Paris le 14 février 2017 © Miss Béa

Difficile de ne pas sentir la température monter alors que la salle se remplit et que le devant de la scène est pris par les amateurs du premier groupe de la soirée : les Seratones arrivent avec leur réputation en train de s’établir tranquilement. Issus de Shreveport au nord de la Louisiane, ils ont enregistré chez Fat Possum un brulot rock. Leur passage l’an dernier en France leur a constitué un petit fan club et celui-ci ne va pas faire en diminuant car c’est clair, la température dans la salle a vite grimpé mais rien à voir avec l’humidité du bayou, rien à voir avec du swamp blues. Le rock distillé se rapproche davantage des riffs rageurs de Bob Vennum ou des coups de gueules de Lisa Kekaula des BellRays ou de la fièvre de Barrence Whitfield and the Savages. Bref, Un rock chaud bouillant ou la brouet est un savant dosage de punk-rock, de rhythm and blues et de soul distillé à fond les manettes. La majorité des morceaux de leur album “Get Gone“ envoyés, la place était chaude pour accueillir La vedette de la soirée : Fantastic Negrito.

Fantastic Negrito, La Maroquinerie, Paris le 14 février 2017 © Miss Béa

Celui-ci ne devrait pas être complètement inconnu de ceux et celles qui fréquentent plus ou moins régulièrement notre site, car pendant plusieurs mois, à compter de Mars 2015, notre docteur nous avait laissé en ordonnance une vidéo d’une quinzaine de minutes de ce Fantastic Negrito enregistrée en acoustique où sa voix très soul nous avait touché. L’an dernier au début de l’été, la sortie de son premier album “The Last Days Of Oakland” après un certain nombre d’EP et de singles avait démontré de nouvelles facettes et des approches plus rock et des influences encore différentes (Led Zeppelin et la voix de Robert Plant sur The Nigga Song Hump, des morceaux funk rock dans la suite des Red Hot Chili Peppers Hump Through The winter le tout un poil trop poli à notre avis mais de tout cela ressortait là aussi, une alchimie savante et épicée entre soul gospel, work song et tout un tas d’autres sauces.

C’est donc armé de ces infos que nous avions amené nos oreilles à la Maroquinerie pour ce concert. Nous avions pris le soin de réserver nos places (nous n’avions pas vu son concert au petit bain l’an dernier mais des commentaires flatteurs en étaient ressortiset n’étions pas conditionnés par l’attribution aux Grammy Awards du titre de meilleur album de blues contemporain à Xavier Dphrepaulezz (véritable nom de l’individu).

Et nos oreilles n’ont pas été déçu. C’est à la quasi totalité de l’album que nous avons eu droit avec quelques titres des singles précédants.

Et de l’avis de certains qui ont suivi les concerts sur la semaine, ce fut le meilleur show de ces nuits 2017.

En équilibre entre anecdotes et chansons, Fantastic Negrito, quelque peu marqué par le décalage horaire, a cependant assuré le show épaulé par un super guitariste chilien Toma Salcedo. N’ayant pas oublié les épreuves qu’il a pu traverser durant sa vie, il a su faire entendre ses chansons à raisonnantes sociales qui font un bien fou dans la période. Et si pour exorciser ses démons l’Amérique mettait plus à l’honneur ses musiciens noirs, ses artistes noirs ou de toute autres origines, si cette Amérique regardait en face ces drames que sont ses jeunes bouffés par la drogue, la ségrégation et tout son cortège de repli sur soi, ses travailleurs pauvres, elle se porterait peut-être mieux. En tout cas, ce fut notre cas ce soir de 14 février à nous trouver au contact de Fantastic Negrito.

Un concert à retenir pour l’établissement des meilleurs concerts 2017, assurément !

En attendant, malgré la température très élevée à l’intérieur, nous n’avons toujours pas vu le saurien cette nuit là. Bon, allez, promis, on reviendra le chercher encore l’année prochaine !

Texte : Serge Sabatié, photos : Miss Béa

 

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