Eilen Jewell

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Eilen Jewell • Sundown Over Ghost Town • Signature Sounds Recording Company
Après deux autoproduits en 2005 et 2006, Eilen Jewell est tombée dans l’escarcelle de Signature Sounds, label qui avait révélé Croocked Still et The Sweetback Sisters. « Sundown Over Ghost Town », son 5e album pour le label, confirme en mieux ses albums précédents. Le répertoire de cette chanteuse guitariste et excellente songwriter oscille entre country alternative, roots rock, country noire (Eh Oui !), ce que certains nomment l’americana.

Antérieurement, Eilen avait délivré un album tribute à Loretta Lynn, repris un titre de Johnny Kidd et participé à quelques opus des Sacred Shakers, groupe de country gospel alternatif qui est aussi son orchestre attitré depuis dix ans. La chanteuse propose ici un répertoire consistant, la complicité et la cohésion des musiciens permettent de mettre en valeur un chant velouté qui ne force jamais.

Formidable conteuse, adepte de textes déstructurés, Eilen délivre des tranches de vie souvent autobiographiques.

« Worried Mind » transporte l’auditeur sur une route mystique et aigre douce. « Hallelujah Band » groupe deux histoires sans lien : les souvenirs d’une randonnée souterraine alors qu’elle était ado et le jardin secret où elle aimait se refugier quand elle était enfant. « Rio Grande » avec son intro de trompette nous renvoie vers l’univers des Mavericks et une ambiance mariachi. « Half- Broke Horse » fait référence à Pyro, un mustang recueilli par son père mi sauvage mi domestiqué laissé pour compte par ses congénères. La pedal steel accentue le caractère mélancolique de la chanson.

Elle prend un ton plus grave sur « My Hometown », une alerte sur les meurtres de masse et l’engouement des armes qui la désarçonnent complètement. « Needle & Thread » évoque Boise, sa ville (fantôme) natale qui respire la tranquillité et où rien ne semble avoir changé depuis son départ. « Songbird » composé en pensant à Mavis Staples est une apologie de l’être aimé et de la quiétude avec de brefs passages d’harmonica.

La contrebasse de Johnny Sciascia et la batterie de Jason Beek (son mari à la ville) constituent une solide charpente sur laquelle viennent se glisser la Gretsch et la mandoline de Jerry Miller, tandis que Jack Hoffman (pedal steel) accentue le caractère neurasthénique et mélancolique des mélodies. Si le répertoire est loin d’être jovial, il n’en n’est pas moins porteur d’espoir. Ce « Coucher De Soleil Sur Une Ville Fantôme » dégage une beauté et une forte intensité dramatique à ranger entre Lucinda Williams, Mary Gauthier et la Carter Family. Un album mélangeant plusieurs registres à l’opposé d’une country FM contemporaine souvent indigeste.

http://www.eilenjewell.com

Le Kingbee

 

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