Du premier choix !

Les Disques

DC Bellamy « Water To Wine » (RBLU 2640)
DC Bellamy est né en 1949 dans le West Side. Il doit le sobriquet « DC » à son véritable nom, Gregory Washington. DC est le demi frère, par leur père, du chanteur Curtis Mayfield. DC est issu d’une famille très religieuse ; pendant son enfance, on n’écoutait pas de blues à la maison, hormis Jimmy Reed. A l’époque, le choix musical de la maisonnée était tourné vers Johnny Mathis, Harry Belafonte et même sur des opéras allant de Bizet à Gershwin.
Durant son adolescence, DC participe à l’aventure de plusieurs petits groupes (The Traits, The Majors IV, The Kittens). A la fin des années soixante, il va collaborer pendant une dizaine d’années avec la superbe Betty Everett (Shop Shop Song). DC va s’orienter sur l’arrangement et la direction musicale. Après avoir quitté Betty, il va travailler dans divers domaines comme sideman, arrangeur et chef d’orchestre, mais désormais son domaine de prédilection est la Soul et le Rhythm & Blues ; c’est ainsi qu’il va travailler avec les Chi-Lites, Brook Benton, Gene Chandler, Donny Hathaway. Bellamy sert aussi d’accompagnateur à de grosses pointures (Artie White, Magic Slim, Otis Clay, Lefty Dizz, ZZ Hill, Jr. Wells) et il fera même sa première tournée européenne avec Zora Young.
C’est grâce au saxophoniste Abb Locke que DC se réoriente vers le Blues. Au début des années 90, il rejoint la Californie afin de s’occuper de sa fille, dont la mère vient de décéder accidentellement. Pendant quelques temps, DC travaille dans une agence d’événementiel (enregistrements pour les télévisions, concerts chez les vedettes du Show Biz, magnats du pétrole, Yatch Club…) DC est bien payé, mais ce genre de musique n’a aucun intérêt pour lui, aussi part- il s’installer avec sa fille à Kansas City. DC va jouer avec divers artistes locaux : Linda Shell, Millage Gilbert, puis former avec le batteur James Spoon Wilson et le pianiste Harrison Irons les Third Street Blues Band. Les trois musiciens vont réussir à remplir les quelques rares Clubs du coin. C’est au cours d’un concert que Jim O’Neil remarque Bellamy et le fait signer pour le label Rooster. Musicalement, cela va aboutir au superbe album « Water To Wine » qui sort dans les bacs en 2000.
Au mois de Mai de cette année, DC Bellamy est venu jouer en compagnie de Zac Harmon au Méridien. Les diverses représentations auxquelles j’ai pu assister étaient excellentes. Sur scène, DC est un mélange de Bobby Rush et de Jimmy Reed avec plus de recherche dans les textes et des arrangements de premier choix, sans parler des compositions, souvent sans pareil et pleines d’énergie.

Water To Wine : Ce CD date donc de 2000, Il est composé de douze titres, dont trois reprises. Manifestement, il s’agit ici de Chicago Blues où viennent s’entremêler un zest de Soul, un soupçon de Rhythm & Blues, le tout patiné dans une ambiance aérée et festive. Du grand art ! En dehors de ses aptitudes à écrire et à composer Bellamy est également un guitariste incisif, avec juste ce qu’il faut, où il faut. Son jeu de guitare peut faire penser à Otis Rush, Albert King (artistes souvent donnés en référence par DC), mais après maintenant quatre ans d’écoutes, j’opterai pour un mélange de WC Clark et d’Eddie C Campbell. La voix est claire, puissante peut être meilleure que son jeu de guitare. Le niveau de cette galette est homogène, bien dosé et constant. Pas de faiblesse, pas un morceau qui vous barbe, que du Top !
Niveau accompagnement, DC est bien aidé par Harrison Irons, présent sur tous les titres à l’orgue ou au piano, souvent proche de l’état de grâce. L’harmoniciste Dan « Juice » Hettinger est au sommet de sa forme, sur les 4 titres auxquels il est convié. Les fûts sont confiés à James Spoon Wilson, ami de longue date et somptueux du début à la fin. La basse est tenue par Loui Villeri (5 titres) et Ben Shult (6 t.) qui sont bien dans le ton du disque ; enfin il faut noter la présence de Jimmy D Lane sur « I ain’t gettin’ what I used to get » bien meilleur en tant qu’accompagnateur que comme leader.
Bref une galette fort croustillante, sans titre faible. Mais « Hitch Hike » une reprise de Marvin Gaye se détache toutefois ; cette plage est flamboyante, un cran au dessus de l’original et plus puissante, plus souple, plus folle que la reprise des Sonics. Le label Rooster semble avoir mis la main sur une perle, après Willie King & the Liberators issus du même label. Si vous aviez loupé cet opus lors de sa sortie, il est grand temps de réparer cette erreur, surtout à une époque où la production US me semble de plus en plus terne et tournée vers un Blues FM peu intéressant ou un Blues d’esbroufe.

Le Kingbee

 

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