DeltaR : Check it Out Baby

DeltaR
Default Icon

DeltaR • Check it Out Baby
Il y a les baroudeurs de tous poils que mon camarade Paco ne cesse de chroniquer régulièrement. Il y a les grands noms du passé que notre ami bluemayoux nous rappelle de temps à autre. il y a tous ces noms de la musique Zydeco ou Cajun que le Kingbee nous livre régulièrement. IL y a ceux cités par Claude Danic ou les découvertes de notre toubib en chef toujours prêt à nous filer une dose de potion magique.
Et puis il y a ces inconnus que nous aimons vous faire découvrir sur ce site. Parfois, même souvent dans notre entourage (professionnel pour votre serviteur) la question revient, lancinante : « Mais où vas tu chercher tout ça !?” Ben je sais pas : le copinage, les relations, l’insistance d’un individu à la fin d’un concert qui vous lâche un nom de groupe, de site à visiter et puis la curiosité naturelle, l’envie de sortir des sentiers battus, le besoin de découvrir de défricher nous amène des petites perles.
C’est aujourd’hui le cas du CD de cette chronique. Donc, présentation de DeltaR. Bien ouais DeltaR en un seul mot avec un R Majuscule à la fin pour relever le nom et l’on commence à chercher ce que signifie ce R. Ben, peut être Riverains.
Loupé, riverains ces gens le sont mais pas du delta auquel l’on pense. Ils sont issus de Suisse de Genève plus connue pour son lac que pour un quelconque delta. Et quand nous rajouterons que le leader est issu du quartier des Eaux Vives, notre l’histoire prend l’eau.
Bon alors si ce n’est cela, ce R devrait peut être signifier Roots ou Référence. Ben peut-être mais rien ne permet de l’affirmer si ce n’est le contenu même de l’album. Signalons que ce CD nommé « Check It Out Baby“ est le deuxième opus de ce trio.
Quand on vous dira que ce disque a été mixé par Vincent Hanny qui officie depuis quelques années dans le groupe Young Gods, groupe suisse produisant une musique plus proche de Sonic Youth que des “12 bars blues” on pourrait avoir quelque inquiétude.

Il n’en est rien. Ce CD commence par « Get a life » une compo du groupe qui met de suite dans l’ambiance. Basse omniprésente, batterie plombée une guitare en arrière plan et soudain un solo de guitare ravageur (le trio est renforcé par la présence côté micro de Vincent Hanni qui se lâche sur ce morceau.)
Cela se poursuit par une reprise de « Pretty Thing » de Willie Dixon dans une ambiance mid 60’s où nous sommes prêts à attendre que les Yardbirds reviennent poursuivre leur répertoire. Tout y est. Y compris le son vintage ! Précisons que Gabriel Scotti bassiste de son état joue également du Wurlitzer et que cela aide à nous rajeunir.
Poursuivant cette suite so british avec « Sex, booze and Dirty blues », Delta R amène un petit décalage sonore. Les instruments sont là mais c’est peut-être le sujet de la chanson qui donne cet aspect poisseux, le swamp blues n’est pas loin.
Suit « Jumper on the line » reprise d’un titre de R.L. Burnside. Cela ne déparera pas la discothèque de tout amateur de blues du delta et cette version soutiendra la comparaison de celles des North Mississippi Allstars, de Kenny Brown, Hillstomp ou autres Salty Dog (le duo australien pas les hard rockeux des 90’s)
« Small Man », encore une compo ambiance fin sixties qui précède une version de « Wang Dang Doodle » qui vous cueille par surprise. Installé que vous êtes dans ce voyage dans le temps et l’espace, les trois musicos vous amènent via une intro très psychédélique vers des sonorités plus seventies et d’outre atlantique dans une version très revisitée de cette perle de Willie Dixon, à preuve à la première écoute votre serviteur a mis plus d’une minute pour retrouver le titre !
« Mystery Train », compo au son bien lourd et rugueux suit sur un mi tempo qui permet à Nicolas Roggli à la guitare de s’exprimer. Cet ancien contrebassiste de Hell’s Kitchen prouve qu’il sait passer de la 4 à la 6 cordes sans problème. Et ce n’est pas son jeu sur « Can’t Do It Without My Baby » qui nous démentira.
Pas de problème pour le morceau suivant. En quelques secondes vous reconnaissez ce grand classique de Robert Johnson, « Come on in my kitchen ». Basse carrée, batterie tenue par Jean Philippe Mercier à l’unisson. Une fois de plus, une cover qui ne déparera pas dans votre discothèque et là encore une fin psyché très personnelle.
Et pour clôturer l’album, un « Mailman Boogie » trop court, à la fin un peu abrupte.

Au bilan un album qui partant des années soixante anglaises nous amène vers un répertoire plus tourné vers le blues rural du delta mississippien et vers les références ou les roots déjà cités.
Et si l’équilibre s’avère difficile, ce retour vers les racines prouve que derrière des Hell’s Kitchen ou Mama Rosin, le blues helvétique avec DeltaR se porte bien.
Alors n’hésitez pas, allez écouter des extraits sur leur site http://www.deltar-band.com pour vous faire une idée et commander votre galette.

Serge Sabatié

 

les 5 derniers articles de Serge Sabatié

0 Commentaires

Laisser une réponse

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi
DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?