D D’s Brothers, From The Day Till The Dawn

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Second opus pour D D’s Brothers après « We Got The Law » paru en 2015. Formation dont le nom pourrait laisser supposer qu’il s’agit là d’un groupe familial au même titre que les Jackson 5, Sister Sledge, The Pointer Sisters, The Isley Brothers, The Chambers Brothers et consorts. En fait s’il y a bien un lien familial au sein de la troupe avec les frangins Vial-Collet (Antoine et Matthieu) respectivement batteur et guitariste c’est à peu près tout.  Il serait également discutable d’ériger un lien avec la locution Soul Brothers (frères de race), expression très en vogue dans le milieu de la Soul et de la musique afro-américaine durant les sixties. Mais alors pourquoi un tel nom ?  Les deux D juxtaposés reprennent les initiales des prénoms de Dora Kuvuna, originaire du Congo et Dorien Smith natif de Californie, les autres musiciens venant de Suisse et de France. Comme quoi la musique n’a pas de frontière.

 

Alors si la formation fondée en 2012 s’était fait remarquée via quelques singles captivants et un premier album qui atteignait largement le niveau des productions que l’Industrie du Disque et les boites de prod veulent nous refourguer sous divers prétextes aussi fallacieux qu’outranciers, ce nouvel opus vient à point, les progrès du groupe étant des plus évidents. Alors, si vous êtes adeptes de revues spécialisées, vous lirez que  la formation est à ranger selon certains chroniqueurs souvent plus habiles à dégainer des phrases convenues que d’ouvrir leurs esgourdes, de groupe de Soul Vintage. Désolé, mais cet octet soul band n’est pas à ranger dans ce tiroir si spécifique, style bien caractéristique lancé par Amy Winehouse, Sharon Jones, Nicole Willis, les Bamboos d’Australie, les Sweet Vandales d’Espagne ou plus récemment des californiens de Soul Vintage.

From the day till the dawn

Sur les douze pistes de l’album, on retrouve effectivement des titres qui rentrent de facto dans le domaine de la Soul Vintage, mais le groupe ne se cantonne pas uniquement dans cette tendance élargissant son répertoire vers d’autres horizons avec plus ou moins de réussite. Par rapport à la plupart des formations de Soul Vintage contemporaines, le groupe évite tout effet de Funk Revitalist ou de Funk Retro. Un quart des morceaux rentre néanmoins dans le cadre d’une Soul Vintage : l’excellent « Gimme Some More », titre d’ouverture, retranscrit les fondations d’une formation dans laquelle les cuivres, la guitare et les voix se noient dans un équilibre parfait. D D’s Brothers récidive aussi sec sur « Sun Goes Down », une ballade légère évocatrice de Nicole Willis. Même impression avec « By Your Side » qui renvoie vers un univers cher aux Dap-Kings. Autre titre à ranger dans ce tiroir à l’ancienne, « You Don’t Forget » avec son intro cuivrée qui rejette tout ingrédient trop épicé.

La formation propose également une orientation vers des ballades à la Dusty Springfield : « No No No » ou l’épurée « Shadow » dans laquelle Dora Kuvuna prend le morceau à son compte sans jamais forcer son timbre. Une réussite qui tient autant des Motels que de la Soul.

Les nuances mi Pop mi Soul californienne sont palpables sur « I Need Love », titre peut être le plus faiblard de l’album. « You And Me » ne s’annonce pas meilleur avec une orientation résolument tournée vers une Pop pour midinette. Les amateurs de son Motown devraient se délecter avec « You Need To Fight » titre dans lequel les chants masculin et féminin se succèdent pour un patchwork entre Smokey Robinson et  Diana Ross, trop édulcoré à notre goût. Très présent durant les sixties, le son Motown est encore bien présent sur « Heavy Chains » avec une Soul blanchie au maximum pour un titre qui tenant plus de la formule Girl Group que de la Soul de Detroit.

Terminons par le morceau donnant son titre à l’album curieusement placé en fin de disque. « From The Day Till The Dawn » une superbe ballade toute simple et sans artifice qui fait mouche par sa mélodie et un accompagnement soigné et un timbre de voix naturel qui devient ensorcelant.

Enregistré au studio Hacienda à Lyon, là où sont passés entre autre Larry Graham & Graham Central Station et les Dogs mais masterisé en Californie, ce disque bénéficie de la collaboration du tandem Nathalie Loriot/Franck Hedin et de Brian Lucey, ancien guitariste maître en mastering qui s’était fait remarquer auprès d’artistes aussi variés que Lucinda Williams, Reverend Peyton & Big Damn Band, Hanni El Khatib et bien sur les Black Keys.

Malgré deux titres plus faibles,  « From The Day Till The Dawn » s’avère être une belle bouée de sauvetage, pleine de fraicheur avec un répertoire naviguant entre Soul Vintage, ballades délicates bien éloignées des tendances actuelles et une connotation ancrée sur les disques Motown de Berry Gordy. Le genre de disque pour paraphraser son titre qu’on peut écouter de l’aube jusqu’au soir sans risque d’overdose. Au moment de faire les comptes, le positif l’emporte nettement sur le négatif. La qualité de l’accompagnement avec deux bons guitaristes Matthieu Vial-Collet et Sébastien Pintiaux et une section cuivre bien épicée (Régis Ferrante et Félicien David au sax) une production bien maîtrisée, des arrangements sans surenchère, des mélodies agréables et une esthétique Soul rarement prise en défaut font de ce disque une heureuse surprise. Résultat des courses, un disque qui dépasse largement de nombreuses productions à gros moyens.

https://www.dd-brothers.com

 

Le Kingbee

 

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