Concerts printaniers – 2007

Chroniques de concert

Allen Toussaint Jazzity :
Le vingt-quatrième Festival de Banlieue Bleus avait eu la bonne idée de faire venir Allen Toussaint. Si le mot « Jazzity » pouvait laisser quelques doutes quant au spectacle proposé, c’est à un répertoire relativement classique que nous fûmes conviés. Bien accompagné par le saxophoniste Brian Cayolle, Hermann LeBeau (drums) et Chris Severin à la basse, Toussaint, qui n’avait plus joué dans l’hexagone depuis 13 ans, nous aura démontré son attachement à sa ville dès son entrée sur scène : « Je suis né à la Nouvelle Orléans, j’y ai passé toute ma vie, j’y mourrai ».

Le quatuor nous aura délivré principalement des standards (Mother in law, Get out of my life woman, Southern night, Working in the coal mine). Dans une salle peu propice à la danse, il faudra noter le double rappel d’une assistance frénétique. Pour ceux qui n’avaient jamais eu l’occasion de voir Mister Toussaint, ce concert restera probablement dans les mémoires, les autres seront peut être nostalgiques d’une époque où le Pape du New Orleans Sound venait accompagné d’un orchestre comptant une quinzaine de membres.

Sean Costello – One Way (21 Mars)
Le guitariste américain Sean Costello était en tournée européenne durant ce mois de mars. Les impressions laissées lors de ses précédents concerts semblaient unanimes : Que du bon !
Autant le préciser de suite cette soirée au One Way n’a pas dérogé à la règle. Si il demeure d’être peut être plus tempéré sur le contenu de ses albums, c’est sur scène que le prodige américain attire l’attention. Phrasé de guitare efficace, aérien, spontané, il faut également admettre que Sean a énormément progressé au chant. Niveau répertoire Costello est à l’aise dans de nombreux registres. Mentions aux titres « I ain’t got you », « Check it out », « Sloppy Drunk » ainsi qu’à un fascinant et magnétique « Smokestack Lightning ». Sean s’était déplacé avec une section rythmique new-yorkaise constituée du bassiste Aaron Trubic et du batteur Ray Hangen, tous deux excellents, sans oublier la présence de l’éternel complice Paul Linden aux claviers et à l’harmonica. Sean aura aussi l’élégance de faire participer Mathias, le Road Manager, très à l’aise également à la guitare. Une brillante réussite que cette soirée. Juste un petit rappel : en semaine il n’y a aucun problème pour se garer, la salle du One Way peut accueillir un public légèrement plus nombreux, cela ne semble poser aucune difficulté. A moins d’être contraint de regarder « Derrick », « Drucker » ou autres émissions soporifiques du même genre à la télé, vous serez toujours les bienvenus dans cette salle qui demeure comme l’une des dernières du genre dans la Capitale.

CJ Chenier – Méridien Jazz Club Lionel Hampton (11 Avril)
Clayton tient désormais un rôle d’intermédiaire, un peu comme une liaison entre le Zydeco traditionnel et le Nouveau Zydeco de plus en plus présent sur les scènes sudistes des Etats-Unis. Si le lieu cossu du Méridien ne se prête guère à ce registre, il faut admettre qu’il reste l’un des derniers endroits à pouvoir accueillir une telle formation. C’est un Louisiana Red Hot Band nouvelle formule qui fait son apparition sur la scène parisienne avec Timothy Betts à la guitare, Michael Morris (drums), Daniel Glenn Morris à la basse et Cathy Girard au frottoir. Pas de James Alfred au washboard, celui-ci ayant eu un problème de visa, mais aucune importance car Cathy (membre de Sweet Mama) va le remplacer très avantageusement, malgré un batteur bûcheron qui ne lui facilitera pas la tâche. Après deux titres destinés à chauffer la salle, apparition du leader orné d’un magnifique habit de scène. CJ Chenier va proposer durant deux sets un répertoire Zydeco mêlant d’anciens succès du paternel à des titres de son dernier album (« Lost on the River » et « Bogalousa Boogie » en hommage à Clarence Gatemouth Brown). Un concert réjouissant même si l’absence d’un Dance Floor adéquat semble toujours aussi préjudiciable à ce genre de musique. A signaler que Clayton est d’un abord très facile. Mention également à Mme Cathy Girard l’une des rares frotteuses de l’hexagone.

Malted Milk / Louisiana Red & Little Victor – Centre Caussimon- Tremblay (28 Avril)
Comme à son habitude le centre Caussimon avait concocté une excellente affiche avec la venue de Malted Milk pour une première partie haletante. Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer tout le bien que nous pensons de cette formation (voir report du Doc – décembre 2006). A l’occasion de leur venue, les Malted Milk offraient un autre visage par rapport à la formation originale. Tant mieux pour les gens qui avaient eu l’occasion de les voir il y a peu. Le groupe se compose de : Arnaud Fradin (guitare, vocal), Manu Frangeul (harmonica, tambourin) membres fondateurs du groupe, Cédric Legoff (orgue et Flying Saucers), Stéphane Miñana (batterie- Big Dez) et enfin Robert Oomes un bassiste hollandais établi dans l’Ouest. Malgré ces importants changements, la mise en place s’avérait excellente avec une section rythmique au service d’un guitariste aux solos aériens, un harmoniciste à contre courant, novateur, aussi bon en chromatique qu’en diatonique et enfin l’apport de Cedric dont l’orgue remplaçait la guitare rythmique de Mister Tchang, donnant ainsi une autre mayonnaise que ce que le groupe propose habituellement. Le répertoire conjuguait des compositions du groupe à d’habiles relectures d’Albert King et de Robert Johnson. Mention aux titres « I Wanna get funky », « Easy Baby ». Un spectacle de haute tenue.

La seconde partie nous proposait une Légende avec la venue de Louisiana Red accompagné pour la circonstance de Little Victor en guitare additionnelle, Simon Boyer aux baguettes et Vincent Talpaert à la contrebasse et basse électrique. La vie de Louisiana Red pourrait agrémenter n’importe quel scénario de cinéma lorgnant dans la biographie et le mélo. C’est un Blues vraiment très « roots » dont il a été question ici durant 90 minutes, sans fioritures terriblement terrien et parfois aussi parfaitement faux. Il faut dire que Louisiana était annoncé fatigué selon certaines sources ; je l’ai trouvé en pleine forme et semblant assez heureux de pouvoir se produire. Mention à une section rythmique confortable, même si on aurait apprécier que « Sleepy » Vince Talpaert puisse dépasser 3 titres à la contrebasse, instrument qui se raréfie de plus en plus. A signaler que Little Victor qui avait parait-il oublié ses harmonicas à la maison, s’est contenté d’accompagner à la guitare, se montrant moins intempestif et moins pitre qu’à l’accoutumée. Ah … … bien placé au premier rang, je signale que j’ai récupéré pas mal d’ADN de Mr. Louisiana, ADN que je placerai peut être en vente un jour sur Ebay au cas où (je plaisante !).

Le Kingbee

 

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