Retour sur Cognac Blues Passion 2011

Chroniques de concert


Les années se suivent et se ressemblent à Cognac pour le Festival Blues Passion. Déplacé de fin juillet au début de ce même mois, afin de capter en premier le public régional qui durant la période ne manque pas d’occasions de se mettre de la musique dans les oreilles comme nous disent de mauvaises langues locales, ce festival reste un incontournable de la scène blues nationale.
Tiens, docteur, j’ai dit blues ! Ben ouais, il y a encore du blues à Cognac !

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Certes, il convient de ne pas trop le chercher dans les têtes d’affiche de la programmation effectuée par la direction du festival. Et ce ne sont pas ces têtes d’affiche qui ont motivé notre présence en ce début juillet dans la cité natale de François 1er. Alors ne vous attendez pas à trouver ici la chronique des concerts d’Aloe Black, de Jamie Cullum ou autre Morcheeba, Texas ou Moby. Pas de photos inédites. Rien ! Nous avons fait l’impasse de ces musiciens ou groupes pour essayer d’approcher, de discuter avec d’autres artistes qui n’ont pas le même renom (et pas les mêmes moyens en terme de logistique) mais qui, à nos yeux, offrent des aspects convaincants de la musique bleue actuelle.

Ce compte rendu se veut aussi un retour de discussions qui ont lieu durant les files d’attente sur les différents lieux de programmation, sur les évolutions, les changements de formats, les tentatives d’une ou deux années, la disparition de formules sympas (hôtel Mercure ou autre blues sur la Charente),… Bref, la querelle des anciens et des modernes avec moins d’intensité mais tout autant de pugnacité de la part de certains vieux festivaliers qui ont du mal à se retrouver dans une programmation plus « au goût du jour”, évoluant de plus en plus en fonction des tourneurs, des écoutes des « jeunes” et des hits d’une soul de plus en plus insipide. Mais, dans ces conditions, comment expliquer la vente de plus en plus massive de Pass 5 jours et l’impossibilité pour les festivaliers débarquant de se voir remettre le sésame pour circuler sur les différentes scènes de la partie payante du festival ?

En supprimant les programmations en off de la scène du Tonic Day à 10 heures du matin la direction du festival concentre la partie gratuite à deux spectacles au Tonic à 11H 30 et 13H 15 et un spectacle à 15H 45 à l’Eden. Par contre, ce qui ne change pas à Cognac c’est qu’à partir de 18 heures vous êtes priés de sortir pour faire place nette pour les soirées payantes.

Alors, dans ces conditions pourquoi prendre le Pass, me direz-vous ? Eh bien, parce qu’il y a d’autres lieux de spectacles comme le Blues des Anges (de plus en plus tardif), le Groove au Château et cette année la scène 1715, avenue du Blues dans les locaux de la société Martell. Et dans l’ensemble, réserver son Pass par internet donne l’assurance, par anticipation, que l’on verra les spectacles que l’on veut voir.

Pour en finir avec ces préliminaires, donnons un mauvais point à l’organisation pour la soirée au château de Bagnolet (maison Hennessy) soit disant réservée aux bénévoles (ils et elles le méritent bien) et aux détenteurs du Pass. Autant l’annoncer à l’avance car quand on est festivalier et que l’on fait parfois des centaines de kilomètres pour passer 5 jours à Cognac, on réserve une location, un hôtel, un gite. En gros, on prend ses dispositions pour, suivant ses moyens, passer les 5 jours du festival dans les meilleures conditions. Aussi, quand l’organisation diffuse le troisième jour un flyer annonçant cette info, beaucoup sont dans l’incapacité de prolonger leur séjour car leur hébergeur a pris d’autres dispositions. Mais peut-être que malgré les flyers, ceci était fait de telle sorte que le public soit restreint !

Une dernière remarque : la tentative d’une après-midi gratuite sur la grande scène du Blues Paradise le dimanche après-midi n’a pas été reconduite : dommage, c’était l’occasion de se reposer un peu et de quitter la bulle bleue dans laquelle nous vivons pendant cinq jours, pour revenir en douceur dans la dure réalité de la vie quotidienne. N’est-il donc pas possible d’allier têtes d’affiche et gratuité ?

Assez pour le contexte. Passons à ce pourquoi nous sommes venus : la musique et plus particulièrement celle en bleue. Procédons par ordre et faisons cela chronologiquement.

Raphael Saadiq

Tout commence à l’île Madame à Jarnac, avec au programme Andreya Triana, Asa et Raphael Saadiq. Si la première ne nous a pas convaincu, entre new soul et bidouillage, retenons la prestation d’Asa (comme tout le monde, rajoutons : prononcer Asha). La Nigériane née à Paris a présenté un show sobre entre jazz et world music. Epaulée par un groupe bien rodé, elle nous a délivré un concentré de ses deux albums studio dans l’esprit de son Live à Paris de 2009. Bon, ce n’est pas du blues, mais quand c’est bon à l’âme, autant ne pas se priver.
Suivit Raphael Saadiq, déjà venu à Cognac il y a deux ans. La prestation de ce soir fut, à notre humble avis, meilleure musicalement que celle de 2009. Moins de strass, plus grande sobriété dans le jeu de scène, prenant sa guitare pour en jouer, Raphael Saadiq a été moins brouillon et reconnaissons que le public a été réceptif et que lorsque Il joua « Radio” les jeunes autour de nous semblaient conquis. Un “Fever” avec Asa en commun pour nous prouver que les chanteurs porteurs de lunettes ne s’appellent pas tous Nana M. et le tour est joué. Trop en retrait ce concert laisse cependant un certain goût d’inachevé. Autant la soul rythm and blues de Raphael Saadiq passe bien dans sa version studio, autant l’aspect peaufiné ne passe pas en public (en tout cas en concert en plein air)

Skip little-axe Mc-Donald

Reprise des hostilités mercredi matin à 11 H 30 avec Little Axe au Tonic Day. Seul, avec sa guitare, Skip McDonald n’arrive pas à restituer son approche très personnelle telle que celle de “Slow Fuse” en 1996 ou celle moins radicale mais tout aussi envoûtante de “Bought For A Dollar, Sold For A Dime” en 2010. Dommage, Skip « Little Axe” Mac Donald méritait mieux que de passer en solo.

Reverend KM Williams

Vite on descend pour assister au premier des « Groove au Château”. Aujourd’hui, ce sera le Reverend KM Williams. Ce Texan installé à Dallas a déjà réalisé quantité d’albums autoproduits sous son nom et dernièrement, son ultime album « When I Rise” a été distribué par le petit label d’Austin, Dialtone Records, et a ainsi permis d’élargir le cercle des auditeurs. Pour autant, il ne faut pas se fier à l’origine texane du prêcheur. Si celui-ci a été influencé par Elmore James, il a, à travers ses gospels et ses blues réalisé une musique plus proche du Hill County blues que du Texas blues. Aussi, à l’écoute, ses titres ont plus à voir avec R.L. Burnside, Junior Kimbrough ou T-Model Ford. A la slide, au dobro ou sur une Cigar Box (monocorde), la transe hypnotique de sa musique passe bien sous les voûtes du Château. Pour un premier passage en France, le Révérend K.M. Williams, que ce soit au château ou par la suite sur les scènes du jardin nous dira sa joie d’être ici et nous confiera que pour sa prochaine venue en France, il essaiera de venir avec sa femme !

The Reverend Peyton

Retour au jardin municipal pour assister à la fin du concert de Big Daddy Wilson. Nous le reverrons demain !
Allez-retour intérieur extérieur pour s’installer au Tonic Day pour le premier passage de The Reverend Peyton’s Big Damn Band, déjà évoqué sur ce site il y a quelques mois avec le clip « Clap your hands”. Autant vous avertir que notre objectivité ne sera pas à l’œuvre pour ce trio chaleureux venu de l’Indiana. Possesseurs des quatre premiers albums en arrivant à Cognac, nous repartirons avec leur cinquième opus « Peyton on Patton” enregistré en mono et quasiment sur tous les morceaux seul par le Révérend. Le Big Damn Band a ravi le public ce mercredi comme le vendredi par un show efficace. Leur répertoire country blues hillbilly, dans une veine que nous qualifierons de post-punk acoustique est sans temps morts. Peyton et ses damnés entraîne l’auditoire. Passant d’une guitare (où il nous montre que l’on peut jouer les rythmes sur les trois cordes hautes et les solos sur les trois cordes basses) à un dobro quand ce n’est pas, lui aussi, sur une Cigar Box (à 3 cordes), le révérend a un véritable sens du contact avec le public et pour un premier passage en France s’est acquis, n’en doutons pas, un petit auditoire. Bref, une musique festive qui donne envie de communier, ce qui n’est pas rien par les temps qui courent !

Homemade Jamz Blues Band

Un petit tour par l’Eden pour voir les Homemade Jamz Blues Band, la famille Perry avec Ryan (voix, guitare) Kyle (basse) et Taya (batterie) accompagné de papa Renaud (harmonica) qui est aussi le luthier familial, fabriquant les guitares de ses fistons à partir de pots d’échappement de Ford). Ce groupe que nous avions eu l’occasion de voir l’année passée au festival de Chédigny a gagné en maturité que ce soit par la taille (Taya dépasse de ses fûts) le poids (Ryan et Kyle sont aujourd’hui de beaux bébés qui n’ont plus grand chose à voir avec la photo de leur premier album de 2008 « Pay Me No Mind“) mais aussi dans la qualité musicale ou simplement par la confirmation des vocaux de Ryan de plus en plus âpres. De plus jeune groupe de blues américain, ceux-ci reste un excellent groupe où le visuel (lumières sur les guitares, fumigènes sortant des pots,…) renforce la qualité de la prestation.

C’est l’heure de se restaurer et quoi de mieux que de se rendre dans un bar en bleu et vu l’heure direction le Fair Play. Tiens comme d’habitude énormément de monde profite de la soirée pour déambuler et écouter les artistes sur les différentes scènes. Installés, nous assistons au set de Véronica & The Red Wine Serenaders. Italiens d’origine, Véronica et ses deux comparses n’en sont plus à leur première participation à des festivals en France. Dans un français savoureux, Véronica (ukélélé, washboard, kazoo) accompagnée d’Alessandra Cecala (contrebasse) et de Max De Bernardi (guitares, ukélélé, mandoline) nous invite à un grand retour dans le temps jusque dans les années 1920-1930. Le blues était alors en gestation avec de grands noms, mais aussi avec des troupes itinérantes (minstrel, vaudeville) qui parcourait les campagnes rurales du Sud profond des Etats-Unis. Si l’exercice rétro est difficile pour ne pas dire parfois laborieux, de reprendre un répertoire peu ou pas connu du grand public, les Red Wine Serenaders avec humour et bonne humeur arrivent à restituer l’ambiance des jug bands et autres vaudevilles et même si leur répertoire est composé de reprises, la maestria de Max De Bernardi, entre autre, fait passer le tout de manière fort agréable. Allez, patron, encore un verre de vin rouge !

Jeudi commence avec quelques gouttes. Pas de quoi nous effrayer d’aller voir Big Daddy Wilson. Américain installé depuis plusieurs années en Allemagne, Big Daddy Wilson (vocals, percussion) accompagné par un bassiste et les guitaristes acoustiques Jochen Bens et Michael Van Merwyk (réécoutez l’album de 2009 « Catching the Rain” qui dans un registre électrique est excellent) nous délivre un concentré de ses 2 derniers albums « Love is the key” et « Thumb a ride” édités chez Ruf Records (l’équivalent de Dixiefrog outre Rhin). Voix de velours et conga, Big Daddy Wilson ravit le public présent, les solos de slide de Van Merwyk sont très applaudis. Du soul blues simple efficace et sans fioritures. Dommage que l’on ne voit pas plus souvent ce bonhomme toujours souriant !

Allez petit détour devant la scène du Blues Paradise pour prendre en photo un roadie en train d’installer et régler la batterie des ZZ Top. Tiens, la famille Perry (Homemade Jamz Blues band) au grand complet (avec maman) se retrouve dans les allées du parc. A Cognac, cela reste encore la règle pour la grande masse des artistes présents en dehors des têtes d’affiche qui ne se prêtent plus à ce contact avec leur public (exception, mise en avant par la direction du festival, celle de Billy Gibbons de ZZTop ! )

Il est l’heure d’aller à nouveau au Château, aujourd’hui pour Hosea Hargrove, deuxième artiste du label Dialtone Records, présent sur le site et qui vend quelques unes de ses dernières productions dont le dernier album, « I’m Alright” de Cornell Dupree, l’homme au 2500 sessions d’enregistrement qui n’aura pas eu le temps de voir la dernière production sous son nom. Respect pour ce grand guitariste.
Donc Hosea Hargrove arrive. Gilet rouge, pantalon rouge, ayant troqué le chapeau rouge de son dernier CD « Tex Golden Nugget” pour un bob rouge informe qu’il ne quittera pas de tout le concert, ce petit bonhomme de plus de 80 ans nous administre une leçon de blues cool sans prétention mais propre et bien réglée. Une fois encore, un texan nous démontre que le blues du coin ne se réduit pas aux émules et autres clones de S.R. Vaughan qui confondent trop facilement vitesse d’éxécution et qualité musicale.

Eden Brent

Un peu de calme et retour au jardin. Fin du concert de Véronica et ses amateurs de vin rouge. Impression confirmée sur une plus grande scène. Direction la maison Martell qui ouvre ses portes pour des sessions piano. Cadre agréable dans un patio intérieur aménagé où aujourd’hui se produit Eden Brent. Cette pianiste était précédée par une collection de nominations et d’Awards ces dernières années. Le moins que l’on puisse dire c’est que ces nominations et récompenses ne sont certainement pas volées. Seule au piano, elle nous force à rentrer dans son jeu tantôt boogie woogie, tantôt blues, jazz, soul. Un agréable concert où s’exprime les talents d’intertainer que nous avaient démontré quelques vidéos. Ses deux derniers albums où elle est accompagnée par un band raviront les amateurs de piano.

Chorale Gospel

Retour au jardin où le contrôle nous amène à déposer notre appareil photo. Nous reste que le petit compact. Tout le monde descend dans la fosse du blues Paradise dès huit heures du soir, et à notre avis, ce n’est certainement pas pour prendre position pour écouter les vainqueurs du prix Cognac blues Passion 2010, The Honeymen. Il paraît qu’il y a un groupe avec deux barbus qui passe après et que certains sont venus de loin pour voir. Il n’y a qu’à voir la quantité de motos dans les alentours pour s’en convaincre. Les ZZ Top seront là à 23H30 et déjà des clones barbus apparaissent un peu partout.
Pour notre part, faisant confiance à ABS Magazine, nous attendons la venue de The Relatives, groupe texan de gospel funk qui n’a plus rien réalisé depuis plus de 30 ans ! Autrement dit, la foi aveugle dans la qualité de jugement d’une équipe rédactionnelle avec qui nous partageons bien des vues sur des artistes, quand nous trouvons leurs disques ! Alors, que dire de ce que nous avons vu et entendu sinon que c’est tout simplement époustouflant.
– Oh mon gars, tu ne deviendrai pas un peu catho sur les bords. Déjà l’année dernière tu avais été épaté par les Victory Travellers. Cette année tu te pâmes devant deux révérends et une congrégation amenée par leur bishop du fin fond de leur Texas. Tu vas mal finir, mon gars si tu continues sur cette pente, cette côte, cette pentecôte !
– Pas de danger ma conscience que je vire cureton ! Mais une chose est sûre, c’est que j’ai trop longtemps négligé cet aspect de la musique bleue. Le Gospel lorsqu’il est interprété par des artistes tels que ceux que nous voyons ce soir n’a rien à voir avec la litanie des cantiques traditionnels du registre. Et que ces artistes soient portés par leur foi pour donner de telle représentation ne me choque pas. C’est pour le moins plus crédible que ceux qui sont animés par le maintien de leur petite entreprise, qui te vendent leur T-shirt 30 euros, qui n’ont plus rien produit de significatif depuis bientôt 30 ans mais que 5 à 6000 fans attendent dans la fosse à côté. Alors tant qu’à faire, je me trouve mieux ici devant ces américains qui reprennent leur titres vieux de 30 ans et dont il me faudra acheter le vinyl à la sortie du concert pour garder trace. Communier dans la musique est préférable à répudier son prochain en raison de ses différences et pour finir sur le sujet, si nos églises recevaient un peu plus de ces artistes vivants le dimanche, elles seraient, peut-être, un peu moins désertées !
Donc, revenons à nos moutons et en l’occurence aux Relatives. Souhaitons qu’ils aient l’envie et les moyens de poursuivre à nouveau leur aventure musicale au moins sur des supports vinylique ou autre. Remercions en passant Marcel Bénédict pour avoir contribué à faire venir cet ensemble sur une scène française.

Déjà, The Honeymen officient sur la grande scène. Vainqueurs l’an dernier du Prix Cognac Blues Passion, ils sont à la fête ce soir. Jouer devant un tel public ne peut qu’élargir leur audience francophone. Passer en première partie de ZZTop, cela a de la gueule sur un CV musical ! Les frangins Jazz et Thierry Lo s’en donnent à cœur joie devant un public qui n’est pas venu pour eux. Bravo à eux qui, contre vents et marées depuis bientôt 20 ans, de Doo The Doo en Honeymen, prouvent que la Bretagne est aussi une terre d’accueil pour la musique bleue.

Arrivent ensuite les ZZTop. Les quelques commentaires acrimonieux au dessus laisseraient supposer que nous n’apprécions pas ce groupe. Il n’en est rien. Mais sans rien retirer à ce qui est écrit, reconnaissons que depuis Eliminator en 1983, leur blues lourd s’est transformé en un hard rock FM sans grand contour. Ayant encore en mémoire leur répertoire aux Vieilles Charrues en 2008, pas de surprise ce soir. Il y a le coté visuel et là non plus pas de quoi s’extasier, Billy Gibbons, Dusty Hill et Rube Beard s’auto parodient au point de repasser d’anciennes vidéos en fond de scène. Pour tout amateur du groupe, renvoyons à l’enregistrement (bootleg) historique au Essen Rockpalast en 1980 où ZZTop se produisait pour la première fois en Europe (à préférer au même enregistrement circulant sous le nom El Diablo).

Pour finir sur cet aspect, nous pouvons proposer quelques têtes d’affiches pour les années à avenir. Page & Plant, Daltrey & Townsend, Deep Purple (version Mark 2, SVP) après Statu Quo et ZZTop peuvent drainer toujours le public quinqua/sexagénaire qui viendra en famille voir les restes des gloires d’antan. Et nous, nous y serons malgré tout !

Vendredi, rebelote, pluie matinale. Pas de quoi nous empêcher de nous rendre au Tonic revoir une fois de plus Bo Weavil. Si l’effet de surprise n’est plus là, Mathieu Fromont et ses complices n’en sont pas moins toujours aussi bons. Et nous aurons la joie de les revoir l’année prochaine sur la grande scène car ils ont obtenu le Prix Cognac Blues Passions 2011 !

Ian Siegal

Déchirement après Bo Weavil, allons-nous voir Andy J. Forest au château ou restons-nous pour assister au set de Ian Siegal Band. Douloureuse séparation. Les photos seront du château, le compte rendu sera celui du concert de Ian Siegal Band. Celui-ci, baroudeur depuis des années de la scène blues anglaise nous a toujours séduit sur scène ou sur disques (« A bigger plate of meat & potatoes”, « Swagger » « The dust” parmi les dernières productions). Arrivant à Cognac avec son nouvel album « The Skinny” réalisé au Mississippi en bonne compagnie (Cody Dickinson des North Mississippi All Stars, Garry et Duwayne Burnside, Robert Kimbrough et Alvin Youngblood Hart,…) Ian Siegal et son groupe nous livre un excellent concert où les influences du Mississippi se mêlent à celles plus traditionnelles du british blues.
Retrouvailles devant la scène de l’Eden au cours du spectacle des Lazy Buddies. L’image est à nouveau synchro avec le texte. Amenés par Soizig au chant, les Lazy Budies se sont bonifiés par rapport à leur prestation vue l’année dernière à Blues sur Seine. Leur mélange jump, jive et early rock & roll passe bien et cela se retrouve sur leur deuxième album « This little girl’s gone rockin’”
Passons sur le début de soirée qui nous retrouve devant les deux révérends avant le passage de C.W. Stoneking. Son blues lent néo orléanais à la limite des fanfares de la crescent city n’a rien de swingang comme on pourrait le concevoir. Sans piano, la prestation de C.W. Stoneking, pourrait paraître minimaliste. Mais c’est incontestablement un excellent concert qui nous a été délivré à l’image de son dernier album « Jungle Blues”
Pause repas et go to the place François 1er voir Rachelle Plas. Plusieurs têtes de connaissance du milieu blues se retrouvent là pour écouter cette valeur montante à l’harmonica. Une fois de plus, le débat s’engage et nous fait dépenser de la salive pour savoir si une collection de standards suffisent à constituer un concert. La technique est impeccable, la maestria présente, l’aisance sur scène est flagrante. Au delà de ces prestations, Rachelle travaille sur son futur album et nous assure que sur la douzaine de titres, il n’y aura qu’une ou deux covers. Laissons lui le temps de nous mitonner sa sauce.

Allez, debout pour le dernier jour. Saoulés de musiques, nous nous traînons au Tonic qui porte bien son nom. Place à Ian Siegal en solo. Avec brio, seul avec sa guitare celui-ci nous réveille et démontre que son jeu électrique repose sur de solides bases traditionnelles acoustiques. Rejoint pour deux morceaux par Andy J. Forest, à l’harmo, nous voilà à nouveau réunis musicalement.
Un détour rapide comme tous les jours au Fair Play pour le tremplin jeunes talents à 13 heures. Aujourd’hui, nous sommes devant Snake Fuzz Moan. Sous ce nom se cache un jeune guitariste acoustique de la région lyonnaise. Beat box rudimentaire comme seule rythmique, Snake Fuzz Moan dispense un blues entre picking et folk plus que convainquant, l’individu ayant une réelle maitrise de l’instrument. Dans la soirée il obtiendra le Prix Jeunes Talents 2011.
Ce sera un véritable plaisir de le revoir l’année prochaine.

Guy Forsyth

Motivés pour notre dernier groove nous allons une fois de plus sous les voûtes fraîches pour la prestation de Guy Forsyth. En possession de plusieurs de ses albums, nous attendons ce trublion texan du blues country rock americana, tellement inclassable que toutes ces étiquettes n’arrivent pas à cerner le personnage. Décontracté, Guy Forsyth nous étale toutes les palettes de ses talents de multi-instrumentiste. Blues, gospel, soul, tout y passe et quel bonheur lorsque Guy se lève et part chanter à capela dans les allées sous les voûtes. Un frisson traverse le public. Deux rappels Standing ovation. Un instant de magie ! Un grand moment de ce festival.

Encore abasourdis, nous patienterons jusqu’à 20 heures pour revoir The Relatives en master class avec la chorale gospel de Cognac. Si l’intensité est moindre que jeudi, la scène est encore plus pleine, et si les cognaçais(e)s sont visiblement intimidé(e)s et contracté(e)s, les membres des Relatives amènent l’ensemble de manière malgré tout convaincante.

The Buttshakers

Une petite faim. Retour au Fair Play où nous finissons par trouver une place assise. Assis c’est vite dit, car l’envie nous démange très vite de se planter devant la scène où se produisent The Buttshakers. Ceux-ci sont de Lyon, l’assonance est placée. Ces remueurs de popotins portent bien leur nom, c’est incontestable. Amenés par Ciara Thompson, originaire de Saint Louis, Missouri, les cinq officiants masculins sont totalement à sa disposition pour porter sa voix. D’une guitare au relents garage aux cuivre (sax, trompette) en passant par la section rythmique tout est en place pour nous amener à bouger la partie de l’anatomie sus mentionnée. Et la prestation scénique de Ciara vous amène des fourmis dans les jambes. A croire que les Bellrays ont découvert le R&B et en sont devenus des adeptes. Car pour ce groupe, ces bonnes vieilles initiales ont un sens, le mot soul veut dire quelque chose et sans citer quiconque pour ne pas établir de comparaison, cette jeune femme a un potentiel digne de grandes dames américaines. Une découverte que nous ne saurions trop vous conseiller lorsqu’ils passeront près de chez vous.

Ainsi s’achève notre séjour musical. Texas à l’honneur cette année, pas le groupe, l’Etat avec 4 représentants très différents, et oh ! combien habités par leur musique. Peu de groupes français ou européens en découverte. (la réduction de la scène Tonic n’aide pas, la diminution des bars en bleu non plus).

Docteur, le patient a trouvé du blues à Cognac mais c’est comme pour les oignons. Suivant les années, il faut parfois allez chercher le consommable sous plusieurs couches de pelures. Alors, pour les années à venir, votre réflexion à la présentation de Cognac Blues Passion 2011 reste valable. Seuls les oignons le diront et conditionneront notre présence !

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Serge Sabatié
Photos Miss Béa

 

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3 Commentaires
  1. Jipes 7 années Il y a

    Plus envie d’aller dans ce festival, la chaleureuse atmosphère des premières années a laissé la place au business et aux concerts grands public. Diminution des concerts gratuits et la triste impression d’être un mouton prêt à tondre, ce sera sans moi :o(

  2. rapido1 7 années Il y a

    excellent compte rendu, excellentes photos.
    Oui au delà des tetes d’affiche, il y avait du blues.
    dont des inedits en France : rev peyton, relatives, rev KM Williams.
    Quel marathon musical quand meme.

  3. ratel 7 années Il y a

    Hello tout le monde – j’espère que je ne spamme pas : à Cognac, j’avais laissé mon mail à Peyton au cas où ils cherchent un dépannage sur Paris, donc pouf, ils joueront à la Mécanique Ondulatoire le 19 octobre 2011, seule date française de la tournée je crois. 20h, 8€, 8 passage Thiéré, Nikolaj Streetdog Andersen, un onemanband danois, en première partie.

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