Chronicles : Christophe Marquilly… Benjamin Holson

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Christophe Marquilly – Rien n’est Joué – Bernett Records
Il y a des artistes qui dégagent des fois plus de Blues que certains autres reprenant notes à notes des classiques en se les octroyant ensuite dans des compos originales qui n’en ont que le nom et surtout la pose. Christophe Marquilly dans son dernier album « Rien n’est joué » sorti chez Bernett Records en 2008 en est le vivant ou plutôt survivant exemple. On sent que ce mec ne fait pas semblant d’être autre chose que ce qu’il est et surtout ce qu’il vit. Les quatorze titres brassent des influences qui vont du grand bleu à la verte Irlande. Le cahier des charges arrache à chaque titre les pages de sa vie pour nous inviter à un voyage où chaque musicien pose son sac autour des textes de Christophe pour nous raconter une histoire.

On sent l’homme brulé aux différents alcools forts de l’existence à l’exemple du titre « Vents de haine » et son superbe solo de guitare acoustique… et que dire quand sur « Message » il branche l’électricité et la laisse parler tout en retenue. Ce que « Ne me retiens pas » confirme justement à grands coups de licks tout aussi brulants. « A l’Ouest » nous y conduit tout au long d’une ballade pudique digne de figurer sur n’importe quel juke-box de n’importe quel port… un titre de voyageur ! « Elle et Lui » creuse la même veine à coeur ouvert jusqu’à l’emballement final ou les riffs grondent comme un orage. D’ailleurs celui-ci éclate sur « Des croix Des noms » et son solo de baroudeur. « Je refuse » plus Rock doit donner grave sur scène en faisant l’inventaire de tout le feeling que le bonhomme possède en stocks. « Juste une dernière fois » et « Je sais bien » boucle ce CD dont les titres justement n’ont pas finis de tourner en boucle sur ma platine. Grand album à l’image du bonhomme dont l’attitude est à l’image des textes et de l’interview qu’il balance sur son site… ouverte et intègre.

www.marquilly.com/
www.myspace.com/cmarquilly

Benjamin Holson
Toujours chez Bernett Records, Holson avec son premier album me ramène quelques années en arrière ou certains disques ne survivaient à la poussière que si ils passaient le test de l’autoradio… gros son, grosses guitares et voix de burnes à fond la caisse avec option vodka tournant dans l’habitacle pour oublier cette putain de banlieue. Le premier « Johnny Diesel & the Injectors » sorti en 89 ou « Rumble » de Tommy Conwell & the Young Rumblers dégoupillé en 88 ont fait partie du lot… Rock’n Roll Cruising même si pour Holson la facture au final est plus Rock que Roll et plus Hard que Roots.

Donc il y a dans cet album quatorze titres.. quatorze raisons d’accélérer… quatorze raisons de monter le son. « Invocation » balance d’entrée la sauce façon dragster en début de run. Riffs à arracher l’asphalte et arpèges chromés chauffés à blanc tandis que la voix annonce et défend ses couleurs à l’arraché jusqu’au solo final. Derrière dans les stands avec Romain Roulleau aux drums et Briac Maillard à la basse ça assure et piaffe dur. On est pas là pour rigoler! « Si près et si loin » fonctionne aussi à l’énergie pure. Il y a un coté Nirvana toute proportions gardées dans cette hargne contrôlée. Ca bastonne sévère mais toujours sans lâcher la chanson. A la guitare grand numéro encore mais sans jamais céder à la démonstration. « Passer devant » est un slow heavy-bues qui tranche avec une certaine uniformité se dégageant des premiers titres. Un petit coté Daran & les Chaises s’en dégage. Même qualités.. gros son et science du break qui font du bien mais aussi mêmes défauts au niveau des textes. « Rien ni personne » est de la même veine avec un petit coté dictionnaire de rimes énervant mais qui sur scène devrait foutre le feu aux briquets dans le public. « Cliché de vie instantanée » démontre s’il en était encore besoin que Benjamin Holson est un superbe guitariste mais gaffe quand même on est pas loin de la rubrique dans le canard spécialisé pour gratteux. « Sans aucun répit » bastonne plein pot, là on est au maximum de kérosène brulé. Peu être ma tune préférée !

« Survole tout ça » dés l’intro entre la voix d’ulcère à l’estomac et le mur de guitare confirme le coté Nirvana dans son approche heavy pop. « Dans l’urgence » enfonce le clou et le titre résume bien le contenu sauf que là encore ne sont pas encore à la hauteur de sa rage…t rop prévisible ! « Un peu plus loin » et « N’oublie pas » en bout de piste arrache le parachute qui de toute façon est depuis longtemps en train de cramer. Ce CD ne se laisse pas apprivoiser comme ça à l’image du bonhomme semble t-il pas commode lui aussi. Points faibles, certains textes alignant trop de clichés convenus pas loin du cuir dont on fait les bourrins, la production uniforme et le fait que tout repose sur son jeu de guitare forcément bridé because pour le live il devra aussi se coller au chant et assurer rythmiques et solos. Mais d’un autre coté ses réserves sont contrebalancées par une urgence traduisant le potentiel du bonhomme. On sent derrière tout ça le poing fermé du mec qui a envie de le faire passer à travers la vitrine pour vous choper au colbac et ne plus vous lâcher.

http://www.myspace.com/holsonblog

Hit the road Man… et passe la vodka!

Paco

 

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