Capitale secrète du rock et de la Soul

Anthologie

Muscle Shoals – Capitale secrète du rock et de la Soul de Sébastian Danchin – Les cahiers du rock/ Ed Autour du livre
C’est dans la collection des cahiers du rock, éditée par Autour du livre qu’est publié ce nouvel essai de notre confrère Sébastian Danchin. Cette petite maison d’édition dirigée par Hugues Barrière (chroniqueur pour Compact-Crossroads) dispose d’un catalogue intéressant et varié. Docteur es lettres, historien, musicien, producteur, spécialiste des musiques noires et de l’Amérique, Sébastian Danchin est déjà l’auteur de plusieurs ouvrages de référence : Encyclopédie du Rhythm and Blues et de la Soul – Memphis Blues – Les couleurs du Blues – Louisiane, musique cajun, Zydeco & Blues mais aussi de plusieurs biographies (BB King-Elvis Presley- Aretha Franklin).

En anglais le mot Shoals désigne un haut-fond dans un cours d’eau. Bénéficiant de terres gratuites, de nombreux pionniers et fermiers vont s’établir dans cette région traversée par la rivière Tennessee. On pense que Muscle provient de « mussel » (moule d’eau douce) ce qui nous donne Muscle Shoals.
L’auteur délivre un rapide historique sur la situation géo- économico- politique de la région, enchaîne sur la situation musicale. Pendant longtemps, c’est Nashville qui aura la suprématie mais l’arrivée de nombreuses radios locales et indépendantes va changer la donne. Les premiers à faire parler d’eux seront Buddy Killen, Ray et Dexter Johnson, James Joiner, puis en 58 arrive le fils du pharmacien, Tom Stafford, celui-ci étant persuadé que l’aventure Sun à Memphis peut se répéter en Alabama. Les 2 hommes vont fonder le label Spar qui va accueillir tout ce que la région contient de jeunes musiciens. L’étape suivante verra l’arrivée de Billy Sherrill et Rick Hall qui vont s’associer à Stafford et fonder le label FAME (Florence Alabama Music Enterprises). Puis Danchin nous entraîne sur le parcours de Rick Hall, qui s’avère être l’élément central du livre et de cette bourgade sudiste nommée Muscle Shoals. La ténacité de Hall sera récompensée par le succès de « You Better Move On » d’Arthur Alexander.
L’auteur se penche ensuite sur le travail de producteur de Rick Hall, qui va parvenir peu à peu à obtenir un son bien à lui, sous couverts de jeunes musiciens issus de la région dont Jimmy Johnson, jusque là homme à tout faire du studio mais qui va devenir le guitariste leader de FAME. Puis c’est ensuite l’arrivée dans la cour des grands avec le tube de Percy Sledge « When a man loves a woman ». FAME va prendre le rôle que détenait Stax avec le label Atlantic de Jerry Wexler et Ahmet Ertegun. Mais Atlantic ne sera pas le seul à utiliser les qualités de Rick Hall. Chess envoie Laura Lee enregistrer « Dirty Man », suivront Irma Thomas, Kip Anderson et Etta James. FAME verra ensuite passer dans ses studios Clarence Carter, les frères Allman. En 1969, Hall perd la majorité de ses musiciens, partis monter leur propre label Muscle Shoals Sound (MSS) mais parvient à remonter une équipe, le Fame Gang, avec un contrat d’exclusivité à la clef. Tandis que MSS collabore à 4 titres des Stones sur l’album « Sticky Fingers », Hall signe un accord avec Capitol et enregistre successivement Candi Staton, Willie Hightower, Spencer Wiggins et Bettye Swann. Rick Hall transformera ensuite en or une troupe envoyée par la MGM à savoir The Osmond Brothers. Le magazine Billboard décerne en 71 le titre de Producteur de l’Année à Rick Hall.
A la fin des années 70, les Shoals compteront jusqu’à 9 studios concurrents, preuve de la vitalité musicale de la région. Au milieu de la décennie suivante, la plupart des studios des Shoals fermeront leurs portes, Hall qui a mis une parenthèse à ses activités (santé et famille) revient en force en se consacrant à une Country Music, lui qui s’était jadis tant démarqué de Nashville. Il a produit au gré des ans, Jerry Reed, Alabama, et obtiendra un Grammy pour sa collaboration avec Alison Krauss en 1995.
En 1989, Hall a vendu son catalogue à EMI, et a remonté une nouvelle maison d’édition avec ses 3 fils.

Danchin nous propose un livre bourré d’anecdotes, chronologiquement et parfaitement mis en place, vivant, à tel point qu’il donne envie de réécouter d’anciens hits. A signaler la liste des gens qui ont enregistré à Muscle Shoals (il y a des surprises) et aussi de tous les best-sellers. Un livre qui se dévore littéralement et qui n’aura plus de secrets sur la musique locale, hormis le titre.

Le Kingbee

 

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