Calvin Frazier Meets Washboard Willie

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Calvin Frazier • Calvin Frazier Meets Washboard Willie • JVB Records
Né à Ashport (Tennessee) puis vivant à Memphis c’est à Detroit que Calvin Frazier fera carrière. Guitariste peu connu, il débute en 1938 jouant en acoustique pour The Library of Congress (Bibliothèque Nationale) grâce à Alan Lomax et le guitariste Sampson Pittman. Il se met à la guitare électrique en 1949 et côtoie le pianiste T J Fowler, le batteur Washboard Willie et Jimmy Milner.

Calvin Frazier va enregistrer une trentaine de faces sous son nom. Deux disques seulement lui seront consacrés: « I’m in The Highway Man » (Flyright 542) en compagnie de Sampson Pittman et le Cd « The Old World’s In A Tangle » publié en 1993 par Laurie Records avec des titres gravés en 1938. Certains titres figurent sur des anthologies consacrées au Blues de Detroit, mais c’est un peu la peau de chagrin.

Cette compilation de 23 pistes regroupe des titres enregistrés pour les labels Alben, New Song, Checker, J-V-B, Fortune et Savoy et avoisine les 100% d’inédits. On retrouve le batteur Washboard Willie sur les faces Von et Herculon, J-V-B et Checker. Le recueil permet d’entendre Lena Hall accompagnée de Washboard Willie & His Super of Rhythm sur deux titres Live: le redoutable rockin’ « What You Gonna Do » chanté avec véhémence et une belle version de « Five Long Years » avec le super soutien de Washboard Willie. Calvin Frazier nous offre des choses magnifiques comme « Sweet Lucy » (Alben 106) qui fait penser à T. Bone Walker avec un solo efficace, couplé au terrible « Be-Bop Boogie ». Résultat un single qui a fière allure. Il enchaîne avec du R&B des années 50 avec « I Need Love » dans lequel la chanteuse Barbara Brown se montre incisive. Frazier nous offre du blues de grande facture avec « Got Nobody To Tell My Troubles To », un blues lent monstrueux délivré en deux versions issues des singles New Song et Savoy. « Rock House » nous plonge dans un blues primaire typique de la Motor City avec un rythme lancinant qui prend aux tripes. Il persiste sur la même voie avec « Little Baby Child », deux versions de « Lillie Mae » et « Track Down » avec un batteur en forme sur ce titre Live.

Retour vers du blues au rythme plus syncopé avec « Have Blues Must Travel » un magnifique instrumental exécuté de main de maitre.

Washboard Willie n’est pas en reste sur « Natural Born Lover » se servant de baguettes balai donnant un effet spécial.

Il enchaine avec « Wee Baby Blues » toujours avec l’effet des baguettes balai qui débouchent encore sur ce rythme syncopé et rockin’. Le guitariste se fait plus tendre avec le langoureux « After Hours » pour une ambiance cabaret. Tout le reste du cd nous réserve de merveilleuses surprises. Cette compilation nous offre une face cachée du blues de Detroit, registre qui n’obtiendra pas une place de choix dans le monde du Blues US, car souvent enregistré dans de mauvaises conditions dans des studios vétustes et sans impact publicitaire, hormis les disques de John Lee Hooker.

Guitariste novateur, Calvin Frazier était en avance sur son époque et mérite d’être redécouvert. Une compilation vivement conseillée retraçant une partie de la mémoire de la musique noire américaine. Si vous êtes amateur de vinyles, essayez d’attraper le Lp « I’m In The Highway » édité par Flyright et le cd de Washboard Willie « Motor Town Boogie » sur P Vine dans lequel figure Calvin Frazier.

 

Henri Mayoux

 

 

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