Booker T. & The MG’s #9 : L’arrivée d’Isaac Hayes

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Booker T. Jones ne reste pas les pieds dans le même sabot. Deux semaines après avoir participé à la session d’Otis Redding, il s’inscrit à l’Université de L’Indiana, à Bloomington. Tous les vendredis soirs, l’organiste se tape 650 bornes à bord de la Ford Galaxie qu’il vient d’acheter pour rejoindre Memphis. Issu d’une famille de professeurs, Booker souhaite ardemment devenir diplômé afin de ne pas être le cancre de la famille. A l’Université, il va se perfectionner dans l’art de l’écriture, des arrangements et décrocher ses galons de chef d’orchestre. Cette escapade estudiantine  lui permet aussi d’échapper au Vietnam.

Ce cursus profitable ne lui permet cependant plus d’être aussi présent chez Stax. Le studio songe à embaucher un second organiste. Floyd Newman, le sax qui avait introduit Booker T. dans l’écurie Stax et qui l’avait orienté vers les claviers par crainte d’être mis à la porte, recommande à Cropper son pianiste Isaac Hayes. Ce dernier a connu une enfance digne de Cosette, il a perdu sa mère à dix huit mois et son paternel a aussitôt pris la poudre d’escampette.  Père d’un enfant à dix neuf ans, Hayes bosse dans un abattoir et accompagne depuis peu Newman bien désireux de se faire une place au soleil. L’organiste n’arrive pas en terre inconnue, il est déjà venu à deux reprises auditionné au 926 E. McLemore Avenue, une première fois avec The Ambassadors, un groupe de doo-wop, et une seconde fois avec Calvin & The Swing Cats, une modeste formation Blues dirigée par le guitariste Calvin Valentine. Deux tentatives couronnées par deux échecs ! Ce nouveau ballon d’essai sera le bon et Stax tient sans encore le savoir la combinaison du tiercé dans l’ordre : Booker T. & The MG’s – Otis Redding – Isaac Hayes. Hayes bénéficie d’autres atouts, il peut composer, arranger et officier sur divers instruments (trombone, flûte, orgue, piano et saxophone).

 

An integrated recording session featuring (Left to Right) Booker T. Jones (on Tuba, back to the camera), Isaac Hayes (seated at piano), David Porter (laughing), Sam Moore, Dave Prater, Al Jackson Jr. (on drums in background), Steve Cropper (on guitar).
Courtesy of API Photography

Depuis « Green Onions » enregistré en 1962, les MG’s ont enregistré sous le nom du collectif sept 45 tours supplémentaires, quatre en 1963 et trois l’année suivante. Mais le groupe a servi de backing à de nombreux artistes publiés par la Stax et ses sous marques : Rufus Thomas, William Bell, Otis Redding, Bobby Marchan, Barbara & The Browns. De nombreux artistes extérieurs au label sont épaulés par les MG’s, souvent sous la houlette de Jerry Wexler, l’un des grands manitous d’Atlantic Records. A cela il faut rajouter les diverses créations, arrangements, compositions et concerts. Il arrive même que le groupe se produise deux fois au même moment, sans pour autant avoir un don d’ubiquité, la formation se divisant alors en deux parties distinctes: Cropper, Steinberg, Jackson et Hayes d’un côté, Booker T., Donald « Duck » Dunn de l’autre.

L’année 64 est marquée par le départ de Lewis Steinberg. Plus âgé que ses partenaires, le bassiste souffre d’une petite addiction à l’alcool et son phrasé s’emboite moins bien, devenant plus daté et influencé par le Jazz. Il est remplacé par Donald « Duck » Dunn. Ce dernier a enregistré au sein des Van-Dells un 45 tours (Stax 145) publié en janvier mais qui ne connaitra qu’un succès d’estime. Cette arrivée marque également un semblant de parité raciale, le collectif se constituant alors de deux musiciens blancs et deux noirs, sans que l’on puisse y voir une once de préméditation.

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