Booker T & The MG’s #5 : La genèse

Anthologie

Avant que Booker T. & The MG’s enregistre son premier carton en 1962, la formation se met en place suite à diverses interactions. Le guitariste Steve Cropper et le bassiste Donald « Duck » Dunn vont dans le même lycée au Messick High School. Les deux copains sont nés en 1941 et ont juste un mois d’écart. Mais c’est avec Charlie Freeman que Steve fait ses premiers pas à la radio. Les deux guitaristes sont invités pour un show radiophonique animé par Keith Sheriff sur la WHHM. Le disc-jockey piège les deux copains qui ignorent qu’ils passent en direct sur les ondes. Mais la prestation des deux jeunes guitaristes a fait sauter le standard.

Sheriff leur propose alors d’animer les sock hop qu’il organise. Ces soirées dansantes pour lycéens se déroulent généralement dans le gymnase des écoles. Les participants doivent retirer leurs chaussures de manière à ce que les parquets des gymnases restent indemnes. Afin de se faire la main lors de ces sock hop, les deux guitaristes décident de monter un groupe en engageant une section rythmique. Cropper pense aussitôt à son copain Donald Dunn, qui excelle à la basse et qui a de surcroit gagné de nombreux concours de danses dans les bals du Tennessee, un gars qui a le rythme dans la peau. Le groupe s’agrandit avec l’arrivée du batteur Terry Johnson, un gamin de treize ans. Grand admirateur de Lowman Pauling guitariste des Five Royales, Cropper décide d’appeler le groupe The Royal Spades, Royal en hommage aux Five Royales tandis que Spades se rapporte à une quinte flush au poker. Cette joyeuse troupe s’agrandit avec l’arrivée du saxophoniste Packy Axton, un poivrot notoire et débutant mais qui se targue d’avoir une mère et un oncle dirigeant une maison de disques (Satellite Records) puis du pianiste Jerry Lee « Smoochy » Smith. Après leurs débuts dans le circuit des sock hop, le groupe passe à la vitesse supérieure et décroche un contrat au Neil’s Hideaway, un club de West Memphis (de l’autre coté du Mississippi) où il fera ses gammes pendant neuf mois.

The Royal Spades, forerunners to the Markeys – Don Nix, Steve Cropper, Charles Packy Axton, Donald Duck Dunn, Terry Johnson, Ronnie Stoots, and Wayne Jackson, STAX Recording Studio, 926 E. McLemore Ave., Memphis TN – source Flickr ( https://www.flickr.com/photos/26066943@N06/ )

Les liens familiaux entre Estelle et Packy Axton leur permettent de répéter dans les studios quand ceux-ci sont disponibles. Estelle Axton leur suggère de changer de nom, pour une appellation moins ambigüe. La tendance du moment s’oriente sur la noblesse, les Viscounts viennent d’enregistrer « Harlem Nocturne », les radios ne cessent de passer Duke Ellington (le duc) et Count Basie (le comte). La formation opte pour The Marquees, qui se transforme aussitôt en Mar-Keys. Comme vu précédemment, les Mar-Keys connaitront un succès aussi fulgurant que surprenant avec « Last Night », malgré les doutes de Jim Stewart.

Mais malgré un succès encourageant, l’aventure Mar-Keys à peine débutée commence à sentir le roussi. Chips Moman étant parti en assez mauvais termes, Steve Cropper, fatigué par les concerts dans des bouges aussi miteux que dangereux, veut se lancer dans la composition, les arrangements et la production. Cropper devient l’homme à tout faire de Stax. Il ouvre les studios dès le matin alors que Stewart bosse dans son agence bancaire, compose, enregistre, passe derrière la table de mixage et s’occupe des auditions de fin de semaine tout en participant comme guitariste aux diverses sessions.

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