Blues Rules à Crissier : vive le Crississippi Blues Picnic & Festival !

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Aller à Crissier, dans le parc du château, retrouver amis photographes et amateurs de blues parait relever d’une évidence renouvelée annuellement. Pour nous, il ne s’agit en rien d’un quelconque pèlerinage ou fétichisme mais bien de l’envie toujours présente de voir et entendre ces musiciens du Delta qui continuent à nous charmer.

Certes, les anciens sont décédés, souvent depuis longtemps ; la génération qui put accéder à quelques dignités sur leurs vieux jours en gravant leur musique sur quelques labels au départ obscurs (R.L. Burnside, Junior Kimbrough, T. Model Ford, Big Jack Johnson, Cedell Davis, Willie King,…) les ont rejoints.

Mais, bien souvent, dans leurs familles, la tradition se perpétue de père en fils (ou fille). Certes des musiciens blancs viennent se frotter à ces noms, devenus illustres à la deuxième ou troisième génération. Mais c’est un plaisir pour l’auditeur de voir en quoi ces nouveaux venus perpétuent la tradition, l’accommodent, l’investissent en apportant leur petit plus, s’emparent des codes, des techniques de jeu et des modes de vie (pour beaucoup) de ces populations noires qui 150 ans après l’abolition de l’esclavage, 50 ans après la reconnaissance de leurs droits civiques, sont toujours dans un état d’extrême dénuement social, économique et culturel.

Alors oui, nous nous rendons à Crissier parce que les individus, les groupes présents nous renvoient à l’essence même du blues, que nous qualifierions de musique de fauchés, jouée par des fauchés pour des fauchés. L’âme de la musique bleue est là, pratiquée par des individus qui se donnent le droit d’exister et de de prendre du plaisir et d’en donner à celles et ceux qui se placent à leur niveau.

Cette année, c’était R.L. Boyce (nominé aux Grammy Award dans la catégorie meilleur album de blues traditionnel tout comme Eric Bibb, Elvin Bishop’s Big Fun Trio, Guy Davis and Fabrizio Poggi et les Rolling Stones ; devinez qui a gagné?!)  Anthony ”Big A” Sherrod, She Wolfe accompagnée par son fils Cameron Kimbrough et le Rising Stars Fife and Drum Band mené par Shardé Thomas, la petite-fille d’Otha Turner qui avaient la responsabilité de représenter le Hill County (la région nord du Mississippi).

Est-ce le retard dans le calendrier, une particulière clémence météorologique mais en ce début juin, il y avait foule à ce picnic, les barbecues d’antan remplacés par des food trucks présentant des variétés de produits fort agréables. La population locale avait apporté nombre de couvertures, plaids en guise de nappes. La scène devant permettait aux amoureux de la musique de se retrouver alors que ceux et celles voulant profiter de ces belles après midi se positionnaient qui au soleil, qui à l’ombre. Tout était prêt pour la fête y compris la petite scène pour les inter sets où devaient officier Marceau Portron et Kim Anh.

Mais les musiciens en ce vendredi 1er juin investirent la grande scène. Alors nous n’allons pas vous faire la liste des apports individuels de musiciens qui vinrent se mêler à ceux prévus sur scène. Joyeux capharnaum, celle-ci prévue pour accueillir un one man band se retrouvait investie par 2, 3, 4 musiciens et même plus, venant partager avec celui en théorie présentant son set. R.L. Boyce arrivé à trois finit son set à sept !

Et chaque nouvelle arrivée était ponctuée par les cris des spectateurs, enthousiastes. Ce fut le cas à plusieurs reprises le vendredi soir et encore plus le samedi après midi où une “Mississippi Juke Joint Jam” était programmée. Ouverte par Marceau et Kim, la jam dans l’herbe se poursuivit avec Big A Sherrod, RL Boyce ou Cameron Kimbrough se mélant aux musiciens français et suisses qui s’amusaient beaucoup. Big Papa Binns, Possessed by Paul James vinrent se joindre à la partie (party) L’atmosphère était chaude. Le blues crississipien se déversait à flot dans l’herbe où sur scène suivant l’heure.

La fête fut réussie et dans cet élan festif, quelques noms au delà de ceux déjà mentionnés, méritent d’être cités tant leurs sets eurent l’aval du public. Ainsi le vendredi, du duo suisse de garage rock Broken Bridge qui ouvrit le festival, de Big Papa Binns (camionneur, ancien accompagnateur de Cedell Davis) venu sur ses congés participer au festival, de The Two (montant sur scène à trois, accompagnés par leur copain Eric à la batterie) et même de l’anglais Thomas Ford. 

De même, le samedi où à la suite de la jam, le Rising Stars Fife and Drum Band prit le relais. Youri Defrance, en duo avec son percussionniste, dans une ambiance de transe, sut gagner les faveurs du public avec son blues chamanique où se mélaient musique diphonique mongole, blues revisité et roots africaines. Possessed by Paul James, le texan que nous avions cru perdu à la musique à la suite de problèmes vocaux, les surprenants Freight Train Rabbit Killer, duo de Kansas City, invités de Molly Gene, tout comme les Hypnotic Wheels, amenés par Tia Goutebel eux aussi rejoints par le Rising Stars Fife and Drums Band, méritent d’être mentionnés.

Mais de mentions, il nous revient d’en donner une spéciale à l’ensemble des bénévoles conduits par Vincent et Thomas qui chacun dans leur domaine ont réussi cette alchimie sur ces deux jours. Bon, enfin, le beau temps fait bien les choses, alors les gars, surtout, ne changez rien et à l’année prochaine !

Et pour ceux et celles désireux de vérifier nos dires, ils peuvent se reporter aux différentes vidéos disponibles sur Youtube de Rapido1

 

Serge Sabatié et Photos Miss Béa

 

 

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