Blues Rules 2017 : la chaleur intérieure plus forte que le froid extérieur !

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Ce festival contrairement à ce que vous pourrez lire n’a pas eu lieu il y a plusieurs mois. Non c’est au mois de mai (fais ce qu’il te plait au niveau vestimentaire, dit le vieux dicton populaire) même les 19 et 20 du mois, que cela s’est tenu. Tout allait bien les jours précédents quand une perturbation a traversé l’Europe de l’Ouest apportant un fort rafraichissement au niveau température et des précipitations importantes s’évacuant par l’est. La veille de notre départ nous avions affronté la pluie mais bon, nous avons fait confiance à Vincent (un des deux organisateurs) qui ne cesse de répéter que Crissier, situé sur les coteaux des vignobles morgiens bénéficie d’un micro climat très favorable. Et puis, nous avions réservé et ce ne sont pas les réflexions laconiques des clissonais (ils se reconnaitront) disant de prendre les bottes qui allait nous arrêter et puis, nous allions retrouver nos amis helvètes photographes (eux aussi se reconnaitront)…

Par les températures de ce début juin, vous n’avez pas grand chose à faire de nos digressions climatiques. C’est un site de blues ici, on cause sérieux de musique, de celle du diable rencontré dans la moiteur des carrefours lors des nuits de pleine lune, juste après le verre de trop avant de rentrer cuver et de se lever le lendemain et que ta femme elle s’est barrée et que tu lui donne je sais pas moi quelques jours seulement sinon tu vas déprimer encore plus et aller t’achever au juke joint du coin…

A propos de juke joints, c’est un peu la fête à ces lieux où a grandi cette musique des défavorisés du sud profond que célèbre ce festival. Tous les ans se retrouvent ici ceux qui aiment ce dirty raw blues et les variantes engendrés par des élèves européens. Et cette année, c’était au tour de la famille Kimbrough d’être mis à l’honneur avec Robert Kimbrough Sr. et Cameron Kimbrough qui venaient pour la première fois en Europe. De même pour un inconnu Mark “Muleman” Massey qui en 2016 a enfin pû bénéficier d’un passeport.

Après cet aperçu météo, nous n’allons pas vous faire une description et un compte rendu exhaustif des quatorze sets auxquels nous avons assisté, cela ne restituerait pas l’ambiance. Pour cela, nous vous invitons à taper sur la chaine Youtube de Rapido1 en demandant Blues Rules Crissier Festival 8e édition.

Vous aurez une approche sonore, en plus des photos, durant ces deux longues soirées qui met bien en valeur les divers groupes et musiciens qui ont officié dans des conditions parfois difficiles. Vous vous rendrez compte que l’exhalaison des bouches des intervenants particulièrement la nuit n’avait pas été réduite par l’absortion de quelques breuvages réconfortants que ce soit ! et cette vapeur se distingue bien des fumées qui abondèrent pendant certains sets !

Car finir la première soirée par un 4°C ressenti dans l’herbe humide du champ jouxtant le château de Crissier, alors que la fraicheur remonte du lac, il y a de quoi fuir, ce que firent nombre de spectateurs transis ou stoïquement taper du pied comme nous le fîmes pour accompagner les excellents bourbonnais The Marshals qui eux aussi faisaient les ours sur scène particulièrement le guitariste Julien Robalo et l’harmoniciste Laurent Siguret tandis que Thomas Duchézeau aux drums frappait autant qu’il pouvait pour essayer de se réchauffer.

Nous signalerons ici les excellentes prestations de Ronan One Man Band (solo) One Rusty Bans n’Tap (duo guitare claquettes ! qui peut aussi bien se produire sur scène que dans la rue où les claquettes de Tap complètent bien au niveau visuel le côté statique de Rusty en one man band). Nous n’oublierons pas Duck Duck Grey Duck que nous avions chroniqué ici même il y a deux ans.

Citons le premier soir, la prestation de Son Of Dave qui eut du mal à insufflé du peps à un public de plus en plus frigorifié.

N’oublions pour la soirée de samedi le Reverend Peyton’s Big Danm Band où Breezy Peyton au frottoir n’est plus simplement une accompagnatrice mais, ayant pris de l’assurance, équilibre le front stage par une présence de plus en plus évidente depuis ses premières venues en Europe.

Robert Kimbrough, à la nuit tombante, nous emporta dans un Sud âpre rude comme le sont les temps actuels. Déboussolée par ces temps nouveaux, sa musique empreinte de la tradition familiale et locale évolue en maturité en se démarquant de l’ombre paternelle (voir son dernier album “What I’m gon’ Do ? Where I’m Gon’ Go From Hère ?” ) encore très présente dans l’enregistrement réalisé à The Hut, son juke joint de Clarksdale où interviennent plusieurs membres de la famille Kimbrough (“Live from The Hut Robert Kimbrough Sr. Blues Connection” sorti chez Go Hape Records. Quant à Cameron Kimbrough devant un public réduit en fin de soirée, frigorifié il ne put nous prouver tout ce qu’il avait démontré en compagnie de son oncle ou en compagnie de Mark Muleman Massey.

Samedi, celle qui a décongelé sans conteste l’ambiance fut Ms. Nickki. Accompagnée par les Memphis Soul Connection (Pierre Cherbero claviers, Julien Dubois basse, Fabrice Bessouat batterie, Anthony Stelmaszack guitare) elle se mit dès le premier morceau (Juke Joint Woman) le public hommes et femmes dans la poche. Dans un registre traditionnel digne de grandes et fortes mamas qui l’ont précédée (mettez ici les noms auxquels vous pensez) convoquant la mémoire de certaines, partageant avec le public trois mots de français, invitant à se déplacer au Mississippi, nous eûmes droit, malgré le froid à toute la chaleur du sud. Vivement la sortie d’un opus pour immortaliser de telle prestation !

Voilà, le froid extérieur n’a pas éteint la flamme qui brillait à l’intérieur de tous ceux et celles présents ce week-end de mai. La pluie n’a pas été présente car nous étions là (comme nous l’a dit Thomas, d’origine bretonne et deuxième organisateur de ce festival atypique, la pluie ne tombe que sur les cons).

Alors nous allons dire “See you next year Blues Rules” pour avoir le plaisir de partager au delà du contenu de nos flasques, des brillances dans les yeux des organisateurs et parfois dans ceux des musiciens ou des spectateurs, la chaleur communicative de toutes ces musiques.

Toutes les photos :

 

Report : Serge Sabatié,  Photos : Miss Béa

 

 

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