Blow… Man… Blow !

Harmonica

Charlie Musselwhite – The Well – Gators
OK… je viens de m’acheter mais c’est le genre de came que je serais prêt à tirer le dernier Charlie Musselwhite « The Well » sorti chez Gators. Comment dire ? Avec quelques autres… Steve Earle, Greg Brown, Steve Guyger, dés que je sais la galette sur le marché, je n’ai de cesse de la dégotter. Même pas besoin d’avoir entendu les premières notes que déjà je me balance mon petit cinoche perso.

Premiers points sur les trois photos du livret, le vieux sachem vous regarde bien droit dans les yeux. Bagouzes d’affranchis, veste de cuir, boucle de ceintures scorpion, paluches épaisses et visage buriné… on est pas là pour rigoler. Et pas superstitieux le Charlie en balançant ses 13 titres dont pas un n’est à jeter!
D’entrée « Rambler Blues » avec son riff lancinant et hanté à la Willie King (Remember « The Stomper » sur « Living in a New World ») et l’intro à cru à l’harmo nous emmène du coté des Jukes Joints de Clarksdale. Basse, guitare se renvoie la balle tandis que la batterie relance le tout à la fin des couplets. Un titre à danser tant qu’il y a du monde pour s’y coller avec à la fin un solo minimaliste de Dave Gonzalez tricoté dans les graves.

« Dig The Pain » frisonne jazzy.. un Blues d’homme à la cool avec son solo d’harmo en D rouillé et cuivré comme un glass de Bourbon… avec son texte lucide, sans concessions morales ou autres sur l’alcoolisme. Et Musselwhite sait de quoi il parle comme avec la chanson suivante.
« The Well » donc ! Poignante est l’histoire de ce titre. Comme quoi même au fond du puits, il peut toujours rester une lueur d’espoir. Toujours en ré, l’harmo envoie deux féroces solos de la part de Charlie pour qui ce morceau semble résonner d’une façon particulière. Pas en reste Dave Gonzales balance un solo crasseux comme si il jetait une torche enflammée au fond du trou. ENORME TITRE dont la note finale à l’harmo fout les foies !

« Where Hwy 61 Runs » évoque les Hill Country ou Musselwhite est né. Musiques et paroles déroulent les souvenirs. Riffs et licks d’harmo en C dangereux ! Le genre de titre dramatique et cinégénique que l’on rêve d’entendre jaillir de l’autoradio en s’y rendant.
« Sad And Beautiful Word »… harmo en La non amplifiée… voix de Mavis Staples s’enroulant autour de celle étrangement douce de Charlie. Un titre douloureusement entrainant…sourire au bord des larmes. Pas la peine d’en faire plus quand on s’adresse à sa mère assassinée…
« Sonny Payne Special » comme pour calmer le jeu est un superbe instrumental servi par une virtuosité de vieux caïman.
« Good Times » est une ballade mélancolique à la « Darkest Highway » figurant sur « Rough News » sorti en 97 voir « Stingaree » premier titre de « In my Time » superbe album sorti en 93 chez Alligator. le jeu de guitare est à rapprocher de celui de William Clarke sous sa véranda un soir de Noël… à chialer. Visage disloqué de fatigue.. il le tient son Blues!
Sur « Hoodoo Queen » entre Mara-Blues & Boogie Man (Bon titre d’album ou de chanson ça… à dispo !) le Charlie nous emmène consulter en urgence les rythmes ensorceleurs de Marie Laveau et du bon Dr John. Tout ça mijotant bien épais entre la voix tout aussi épaisse à la Willy de Ville période « Pistola »… (quel disque!), le riff lancinant crypto-funk et les interventions envoutantes de l’harmo. Un titre à ne pas écouter (ou plutôt surtout) en longeant un cimetière.
« Clarksdale Getaway » pue la rue en chaleur, les clubs devant lesquels le samedi soir sur le trottoir s’alignent les caisses, les bécanes et les gonzesses. Ceux qui les montent, qui étaient à l’intérieur ou au dessus alignants les bières dedans. Instru typique que quand on l’entend en poussant la porte, on sait que la nuit va être longue.
« Cook County Blues ! » Un rythme dans le genre de celui que le flic du coin imprime au creux de sa pogne à sa matraque en se foutant de ta gueule tandis qu’un de ses collègues t’assaisonnent dans son rapport avec au coin de l’oeil une saloperie de lueur semblant te dire « Vas y mon gars…j’attends que ça ». D’ailleurs on entend que le jeune Cat qu’il était sait de quoi il parle. On a pas trainé avec le frangin de Johnny Cash gratuitement.
« Sorcerer’s Dread » clôt l’album. C’est un titre lent, rampant, dangereux avec cet harmo en nappes plaintives derrière la voix usée et la guitare acoustique. Ce dernier titre renvoie à l’enfance de Charlie, à des images qui écrit il le hante sans qu’il sache pourquoi.
DAMNED…depuis 3-4 albums tout est joué CASH (Il y a d’ailleurs un coté homme en noir derrière ceux ci)… même sagesse de Tough Guy parti de rien, venu et surtout revenu de tout à qui il ne peut plus rien arriver.
Sans être en paix… mais l’est on jamais ?
Il a vécu tant de choses et cet album en est une somme.
Et c’est le BLUES qui nous présente la note.

ENORME ! BLOW MAN BLOW !

Paco

 

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