Awek, Long distance, 10e round au New-Morning

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A 20 ans passés, le Groupe Awek accouche de « Long Distance » … leur 10e album. Les 4 musiciens avaient décidé d’officialiser cette paternité à la Capitale devant un beau parterre de connaisseurs le 6 avril dernier. Il fallait au moins ça pour sortir le grizzly de sa tanière aux beaux jours du printemps… C’est donc la truffe au vent que je m’embarquais pour la rue des Petites écuries, adresse du fameux New Morning.

Chez Docteur Blues, on aime ces Toulousains et depuis longtemps, oui, allez-y, tapez AWEK, juste au dessus dans le moteur de recherche du site. Voyez par vous même, la plupart des toubibs s’y sont collés d’un compte-rendu de live par ci, d’une chronique de CD par là. Alors, avec ce 10e épisode, allions-nous encore être surpris par notre groupe préféré…

La soirée a tenu toutes ses promesses outre l’ouverture du show par Elise & the Sugarsweets, le nouveau groupe francilien dont on reparlera très vite sur ces pages et la présence en guest-star d’un Fred Chapellier très en forme pour vous asséner quelques solos aux quadrilles coulées à vous coller le cerveau au fond de la boîte. Awek nous a livré un set rempli de belles émotions dont la track-list nous a baladé tout au long de 20 ans d’histoire.
Une belle grosse soirée de blues dont je retiendrai pour ma part, et pour ce moment particulier du show, le titre « Sunshine Is In My Bed Room »…

Olivier Trebel, Fred Chapellier et Joël Ferron

Depuis 2005 et l’arrivée de l’harmoniciste Stéphane Bertolino, le 4e homme du groupe, l’orientation musicale est affirmée et confirmée à chaque apparition. Le blues moderne de la Sun Belt sert de canevas au répertoire.
Après plusieurs campagnes de sessions dans les studios texans, si la forme n’a plus de secret, les musiciens s’emploient à re-tisser l’histoire et l’origine des pionniers du blues des fifties (Long Distance Call). Les Jalons sont connus de Muddy Waters, Slim Harpo, Johnny « guitar » Watson, Little Charlie, James Harman, Rod Piazza…

Awek c’est avant tout une ambition, un band habité par le blues à la manière de quatre individualités qui valident, comme ce soir sur la scène du New Morning, le son tranchant d’un blues bien au delà des étiquettes, on croise ici, l’université du swing et du groove.

Bernard Sellam, le touché, le style !

Le Disque, Long Distance

Long Distance c’est Bernard Sellam, spécialiste des solos en accord, est le puncheur capable de vous envoyer au tapis avec du pur Boogie (L.A. Stomp). C’est aussi le « Don Bernado » du swing, le galurin visé sur la tête, qui a la science de faire sonner ses 6 cordes dont le grain vous évoquerait presque un chocolat noir aux éclats caramel au beurre salé (Think, I’m Gonna Hit That Highway).

Bernard, c’est aussi Le chant, les intentions directes, sans artifice. C’est aussi l’efficacité comme ces reprises de riffs à l’unisson harmonica/guitare qui sonnent comme une section de cuivre façon Big Band (Sunny Sunday).

Joël Ferron et sa basse Kay

Long Distance ce sont les basses de Joël Ferron, Kay ou Precision de préférence portées laid back, et sa main gauche, ferme sur le manche, qui rythme des walking ronflantes comme un V8 de Mustang… et ses lignes de basse bien callées en dessous de la ceinture qui vous collent le Rumba-Blues (Hound Dog), en souvenirs de sessions texanes partagées avec Fred Kaplan et Derek O’Brien (Take Out Some Insurance).

Long Distance, c’est la qualité de la prise de son en mode live à l’Elixir Studio par Nicolas Jobet, vous aurez l’impression d’être entouré par le groupe. Ecoutez notamment « I Forgot to Forget You » où vous pourrez apprécier le travail à la ride d’Olivier Trebel, ou encore le son du chromatique de Stéphane.

Long Distance, c’est l’amitié avec la présence de Damien Daigneau au piano, sur 8 titres ou Julien Brunetaud lesquels apportent aux pièces en quelques touches la coloration vintage des orchestres d’antan. Ce sont les saxos de Drew Davies et J-M Labbé sur « She Moves Me »… C’est aussi Youssef Remadna qui n’est jamais très loin…

Olivier Trebel, un jeu de batterie démonstratif qui impose une qualité et une rigueur rares en France

Awek, c’est l’essentiel du blues moderne convoqué par l’expression de musiciens réunis autour d’une idée fixe, payer leur dette à cette musique, et c’est aujourd’hui à leur tour de laisser un legs aux générations futures de Blues Breakers pas encore nées.

N’ayez pas peur de l’ennuie mesdemoiselles, quand le swing est là, Awek n’est pas très loin… ils nous livrent ici l’album référence dans la lignée de « Pick-up the Pieces ».

Olivier Raymond (Elise & the Sugarsweets) et Bernard Sellam en plein Jam

 

Elise & The Sugarsweets ont ouvert la soirée avec conviction et fraîcheur, il faudra compter sur eux, c’est le groupe à suivre en Ile de France

Awek c’est : Bernard SELLAM : chant, guitare, Joël FERRON : basse, Olivier TREBEL : batterie, Stéphane BERTOLINO : harmonica

Chez Docteur Blues ont dit BRAVO !

http://www.awekblues.com

Jérôme Travers
Photos Miss Béa

 

 

 

 

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