Awek au New Morning, l’amitié musicale en tête d’affiche

Chroniques de concert

C’est un vrai dilemme à chaque fois. Commencer une chronique pour rendre compte d’un disque qui vous a plu, d’un concert, d’une soirée, d’un festival,… et chaque fois être pris par le temps, par la lecture de billets ou d’articles qu’ ont fait d’autres avant vous et se persuader que nous ne dirions pas mieux ou que nous emprunterions beaucoup à cette lecture pour notre propre compte. Alors on se tait, on se réfrène. On ne veut pas paraître plagieur. On se dit que cela a déjà été dit. Et puis le temps passe : un nouveau concert vient bousculer un nouveau Cd. Le dernier enregistrement de machin succède à celui de ce nouveau groupe dont tout le microcosme (quelques dizaines de personnes rassurez-vous) parle. Et le temps passe…


Et puis faut avoir un peu une idée directrice pour son billet. Alors quand dans la foule qui attendait en ce 6 avril devant la scène du New Morning, le Doc me dit qu’il allait se fendre d’un billet écrit pas seulement d’un post d’une vidéo, d’un lien internet, l’envie de rendre compte de ce concert m’a trituré et même si le Doc m’a proposé d’écrire l’article, j’ai dit non vas y tellement je suis sûr de prendre plaisir à lire sa prose plus technique, plus musicienne-musicale que la mienne qui est souvent obligée de s’affubler de qualificatifs répétitifs pour vous faire ressentir ce que nous avons aimé.

Et puis voilà, laisser passer l’occasion de rendre compte de cette soirée spéciale copinage autour d’Awek au New Morning ne paraissait pas possible, tellement les membres du groupe, individuellement et collectivement forment un tout. Et là ce n’est pas mon ascendance toulousaine qui exprimerait un quelconque régionalisme ou soutien localiste à un de nos meilleurs groupes français.

Commençons donc par le début et la première partie de cette soirée. C’était l’occasion de voir pour la première fois en public la nouvelle formation dans laquelle officient les frangins Ferrie, Olivier et Jérôme et Olivier Raymond à savoir Elise & the Sugar Sweets. Accompagnés par Sylvain Lansardière au hammond le trio précité a trouvé en Elyse Heyte, visiblement impressionnée en début de concert une chanteuse qui devrait se faire une place à l’avenir dans la diaspora bleue hexagonale.
Si les reprises furent nombreuses (de Freddy King à Junior Wells en passant par Magic Sam ou les Fabulous Thunderbirds), nous avons pu apprécier toute la délicatesse du jeu d’Olivier Raymond à la guitare. Ce sont quelques unes de ses compositions (“I Want to Stay Alone”, “Road to Coal Mine”) qui en plus de l’excellent ”Woman” de Bernard Sellam (!) qui ponctuèrent ce concert où l’apport du clavier de Sylvain Lansardière élargit la palette sixty de l’ensemble. Un morceau en compagnie d’Hervé Bannish des Beeps en choriste de luxe et c’est déjà presque la fin ! Bien soudé, le groupe avec à sa tête Elise à peine âgée d’une vingtaine d’année n’hésita pas à s’attaquer à deux standards de deux divas du R&B (du vrai) à savoir “I’d Rather Go Blind” d’Etta James et “Won’t Be Long” d’Aretha Franklin. Et là, même si la voix ne se compare pas à celles de ces grandes dames, Elise n’a pas à rougir de s’attaquer à pareil répertoire. Une sacrée bonne surprise à aller voir absolument si vous en avez l’occasion !

Le temps de boire une bière d’acheter le CD d’Elise & the Sugar Sweets de discuter le bout de gras et le concert reprend avec l’entrée en scène des Toulousains. Un petit “Pretty Little Liar” suivi de “The Way You Dance” de l’album 9 pour commencer. Bernard nous explique ensuite qu’ils nous feront quelques morceaux du nouvel opus plus tard dans la soirée mais qu’il poursuivent avec “Come Back Baby” de l’album Burnin’ Wire on South Lamar. Suivent “A place Where I Can” et “Quit That Job” de Rich and Famous. Bernard appelle à ce moment-là celui que tous attendaient Fred Chapellier et l’ensemble du groupe se met instantanément à la disposition de Fred dont le moindre solo électrise la salle sur deux hommages à Clapton (et Freddy King et Roy Buchanan) avec « Further Up On the Road » et à Peter Green avec « If You Be My Baby ». Mais Fred sait renvoyé la contrepartie sur quatre autres titres où les échanges de Soli entre Fred et Bernard sont fréquents et où l’harmo de Stéphane Bertolino fait merveille.

Retour à Awek seul où tout le talent individuel de chacun s’exprime pleinement. En fait nous n’aurons que quelques morceaux du nouvel album (Scratch Blues avec Fred, et Think, L.A. Stomp et Hound Dog joués pendant les rappels qui ont vu d’abord revenir Fred Chapellier puis Olivier Raymond accompagné par Sylvain Lansardière et par Olivier Ferrie prenant les fûts d’Olivier Trebel.
Pour un concert que Bernard a présenté comme étant la soirée parisienne de présentation du nouvel album, nous avons dû plus que nous satisfaire d’une dimension essentielle de ce groupe de copains qui savent partager avant les ventes de disques, la musique mais aussi l’amitié qu’ils distribuent depuis plus de vingt ans, ceci expliquant certainement une aussi grande longévité dans le milieu du frenchy blues.

Le bœuf final

Terminons en remerciant Xavier Alberghini qui a encore une fois dépensé sans compter son énergie pour qu’une telle soirée soit un succés. Et rendez-vous pour la prochaine soirée qu’il organise le 7 juin 2017 au New Morning, la Paname Blues Night avec Cotton Belly’s, Blues Power Band et Hot Gang dont nous vous reparlerons peut-être si nous avons le temps dans les jours qui viennent. En attendant, allez acheter vos bouchons, ils pourraient vous servir le 7 juin pour cette soirée car cela risque de pétarader un max.

Serge Sabatié, photos Miss Béa

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