A Beaumont en Véron, un excellent BAR !

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– Qu’est-ce qu’il nous chante là, le mec. Y a plus d’un bar à Beaumont en Véron !
– Eh ! Y veut causer de poisson, pourtant la mer est encore loin !
– Ah c’est vraiment dur de s’adresser à des gens qui restent plantés devant leur télé !
Beaumont est un charmant village de Touraine occidentale où il fait bon vivre entre Chinon et Bourgueil (et à proximité de la centrale nucléaire d’Avoine!). Donc dans cette région viticole, depuis maintenant 5 ans une association locale, les Cinquantièmes Rugissants, dédiée à la promotion du blues s’est créée pour promouvoir la musique qui nous réunit ici et ailleurs. Commençant à organiser dans un atelier local bien retapé, Le Temps des Crises, les membres de l’Asso ont fait ce que font beaucoup de volontaires aux quatre coins de l’hexagone, ils se sont réunis et ont mis leur savoir et capacité en commun pour organiser des concerts dans ce local. Devant le succés grandissant de leurs soirées, ils ont décidé en 2015 d’organiser un festival le Blues d’Automne en Rabelaisie.

Car nous sommes en pleine région de l’écrivain tourangeau et on le ressent dans le cadre de ce festival où le “fays ce que vouldras” ne s’apparente en rien au bazar organisé mais bien au respect de chacun dans un cadre collectif.

Troisième édition donc du BAR et cette année, les organisateurs ont voulu rendre hommage à ceux qu’ils avaient appréciés au Temps des Crises durant ces 5 ans. Conçu, dans les explications données en début de festival, comme une sorte de best of des musiciens avec lesquels les membres de l’asso avaient sympathisé lors de leur premier passage, on s’aperçoit que cela va beaucoup plus loin que cette notion de best of.

Ouvrant les hostilités devant un parterre encore restreint, Ronan, chanteur guitariste breton, habitué de ce type de situation difficile sut tirer partie d’un auditoire qu’il captiva tant par son jeu de guitare que par sa voix bien trempée qui ferait passer Tom Waits pour un enfant de chœur. Jouant en one man band, appliqué et restant concentré (il dit lui-même ne pas lever les yeux pour regarder le public car il a peur de se perdre dans son jeu) il a su restituer au public les atmosphères très deep blues de son dernier opus. Et si son répertoire est explicitement roots (John the Revelator, Grinin’ in your face, Shake em on Down, Poor Black Mattie, Going Down South, Rollin’ & Tumblin’) en douceur il a su imposer son jeu. (Un petit regret purement personnel : Ronan a eu composé de belles chansons en français qu’il avait enregistré sur son premier CD l’homme n’est rien. Dommage qu’il n’en reprenne aucune lors de son spectacle, mais c’est peut-être un choix d’évolution).

Chris Bergson attaqua dans la salle polyvalente le spectacle de cette première soirée. C’est votre serviteur qui lui fit des infidélités, le délaissant pour aller se restaurer et discuter avec nombre de connaissances déjà présentes en ce premier soir. Son spectacle a cependant retenu l’attention d’un auditoire captivé par son jeu avec de nombreuses réminiscences jazzy. Ceux qui l’ont vu ont apprécié. Honte à ceux qui furent distraits!

Evidemment, le clou de cette soirée du vendredi était Guy Verlinde & the Mighty Gators. Là plus personne ne trainait à l’extérieur. La générosité de Guy est bien connue en spectacle. Sa prestation n’a pas dérogé à la règle.

Basé sur son dernier disque “Rooted in the Blues ”  ( I’ve Got You, A Whole Lot Of Lovin’, Soul Jivin’, Drivin’ Home to You) agrémenté de quelques titres d’albums plus anciens (Better Day Ahead ainsi que Heaven Inside My Head et Sacred Ground de Better Days Ahead, Powered By The Blues, Ain’t no Sunshine et Mr. Maxwell Street extraits d’Inhale My World  et trois titres sortis du Live Banana Peel Session qui vient d’être réédité) le spectacle se déroule sans temps mort et les morceaux s’enchainent allègrement. c’est un condensé de la carrière de Lightnin’ Guy Verlinde auquel nous avons droit.  Le public, friand joue le jeu et se laisse emporter par ce blues bien teinté de rock trés efficace. Les intonations vocales dans les propos de Guy entre les titres nous font penser à un autre belge qui commença à s’illustrer dans un registre un peu analogue. Déjà la fin de la soirée arrive et Guy toujours attentionné avec son public nous dit de garder des forces pour les deux jours qui viennent. Un rappel avec Bon temps Roulé) et puis il ne nous reste plus qu’à souhaiter à Guy le même succès à venir que le Charles Ernest évoqué ci dessus.

Samedi, grosse journée en perspective. Cinq concerts et encore du beau monde.

 

Honeymen

On ne présente plus les frères Jazz, Elmore et Jimmy, ces bretons qui depuis plus de vingt ans bourlinguent dans nos contrées sans se prendre la tête. De Doo The Doo en Honeymen, de petites salles en grandes scènes (Cognac par exemple) quand ce n’est pas en investissant le milieu scolaire avec des enfants d’écoles primaires au travers de plusieurs projets pédagogiques (Du blues dans mon quartier en 2006, Blues in The Bayou Bassac EP en 2013 repris en grand dans Du Blues dans le Bayou en 2015), les frangins démontrent qu’ils ont la volonté de keeper le blues vivant en allant auprès de nos chères têtes plus ou moins blondes pour rendre accessible cette musique bientôt centenaire.

Aujourd’hui, surprise, ils nous gratifient d’un nouvel opus qu’ils ont sorti en juillet sans promotion, sans envoi aux médias. Donc nous sommes bien placés pour vérifier si leur dernier ouvrage est à la hauteur. Bon, que voulez-vous que l’on vous dise. Vous connaissez la formule des Honeymen. Chez eux pas de surprises c’est fréquemment 90 % de reprises et 10% de compositions. D’ailleurs, c’est le dosage de Made Up My Mind : 10 covers, 1 compo et trois titres exhumés des enregistrements effectués en 2008 au studio Marbuzet en compagnie de Philippe Carnot aux percussions et à la batterie et Mig Toquereau à la basse. Et ces trois morceaux sont là encore des reprises.

“On ne change pas une équipe qui gagne” : les Honeymen restent fidèles à cette règle. Et ceux qui ne connaitraient pas bien leur précédents albums “adultes”, (High Rise Fever remonte à 2010), nous n’hésiterons à vous dire que la sauce swamp blues, country blues reste de mise. Nous avons ainsi des invités illustres passés à la sauce de nos frangins : Fats Domino, J. Cotton, Muddy Waters, Sonny Boy le 2, Walter Jacobs (2 titres), Big Walter Horton, Snooky Pryor, Joe Hill Louis, Lightnin’ Slim, Billy Boy Arnold ainsi qu’un titre qui fut chanté par Al Ferrier plus connu dans les milieux rockab. Et comme par le passé, la sauce monte bien, prend et nous invite à parcourir nos disques des fifties-sixties. Les voix chaudes et bien posées font merveille. Nous en oublions que nos deux artistes sont…deux ! Ça roule ! Et pas besoin de vous dire que nous n’avons aucun mal à imaginer leur état d’esprit toujours prêts pour envoyer ce bon vieux blues auxquels ils nous ont habitués. Chaudement recommandé par votre serviteur !

Philippe Ménard

Dans le style on ne change pas… Philippe Ménard est un vrai professionnel qui depuis plus de trente ans arpente nos contrées, et bien au delà depuis quelques années. Ayant eu une première vie avec le groupe Téquila, Philippe décida à la mi nineties de se produire en solitaire sans avoir besoin de gérer un groupe reposant alors uniquement sur lui. Aidé par la fidèle Brigitte (productrice, backliner, accordeuse, manageuse, …) qui est de tous les déplacements, ils décidèrent que la formule serait désormais un one man band. Et depuis 1995 et la première galette  Hungry Dog, nous avons tous les 2 ans une nouvelle fournée (et là encore il faut signaler la qualité de l’autoproduction toujours présentée en digipack) du nantais. En ce début 2017, c’est le tour de Walking on the Front Line dont Philippe reprend de nombreux morceaux lors de ses concerts. Et ce n’est rien de dire que Walking On The Front Line est à la hauteur de l’ensemble de la production de Philippe. Toujours aussi éclectique et électrique, multipliant sur disque les re-recording en couches successives pour épaissir le son, le blues est toujours au rendez-vous. Tous les morceaux de ce onzième album sont de Philippe lui-même sauf Going Down South de R.L. Burnside que le vieux mississippien n’aurait pas renié dans sa période A Bothered Mind. Alors pas une seule reprise de celui que Philippe place sur la première marche de son panthéon personnel, Rory Gallagher? Eh ! Faudrait avoir un peu de mémoire : le précédent No Capital Crime (playing Rory acoustic) était composé de 11 covers de Gallagher sur douze. Alors les influences de Mémène restent là dans les plans et les riffs de guitare (Bad Luck Buddy, ..;) même si d’autres illustres influences apparaissent ça et là (Intro Hendrixienne de High ou tempo de The First to Brake) ou Johnny Winter dans quelques solos électriques) mais l’ensemble baigne dans une atmosphère que n’aurait pas renié l’Irlandais. Mais on ne peut réduire Ph. Ménard à seulement l’univers de Rory Gallagher. Le titre éponyme, Everybody Wants my Money, Seen My World Falling, See How They Run sont de petites pépites sur l’état de la société actuelle. Et si l’ambiance peut être parfois sombre qui s’en plaindra ? Après tout n’est-ce pas cela le blues. Grand disque à commander sur site !

Isaya

Comme Olivier Gotti, Isaya (Jessica et Caroline Jeandon, sœurs jumelles) ont commencé à arpenter le pavé d’Aix en Provence avant de se produire dans d’autres lieux. Comme lui, ce sont des artisanes qui ne se pressent pas pour la réalisation de leur album, préférant parfois peaufiner et reprende un précédent titres pour le re-sculpter, en retravailler le contenu (In Your Yead,  My Boat, Lion In Jail). Avec leurs harmonies et combinaisons vocales, elles ont su en 7 ans se faire un public de fidèles dans leur région avec seulement 1 EP en 2010, et 2 petits LP en 2013 (Dead or Alive) et 2016 (Go With Yourself). Quels que soient leurs accompagnateurs sur ces albums, nous avions apprécié leur pop teintée de country, de bluegrass et d’americana très personnelle. Tom Yam Kunk  et In Your Head ont eu un petit succés de visibilité sur Youtube.  Leur dernier album ouvrait la voie à des sonorités plus marquées électro avec l’ajout de claviers. Cependant nous apprécions le climat ethno chamanique avec ses pulsations électro sur cet album.

Seul problème. Sur la scène, très rapidement, les claviers de Matthieu Pernaud deviennent envahissants et l’utilisation des caissons de basse n’arrangent rien. La limpidité des voix se perd au point que l’on a l’impression que l’on veut nous faire aimer cet assourdissant mélange où les voix se perdent. Des spectateurs sexygénaires reculent, quittent la salle, estomaqués par le volume sonore, ressentant des tremblements dans les jambes. Dominique Bouillon avait pû avertir que ce n’était pas du blues. Nous étions prêts, connaissant les twin sisters à accepter leur personnalités attachantes et leur folk rock personnel.

Occasion en partie gâchée ! Tant pis!

Bo Weavil Band (en sextet)

Matthieu Fromont alias Bo Weavil, âme pensante du groupe, cherche à se renouveler sans cesse et l’on ne saurait le lui reprocher. D’Early Recordings à Son Of Pride les années ont passé et Matt poursuit son chemin se produisant dans des formats allant du one man bans au sextet. Chaque fois, il nous transporte sur des versants différents de la musique noire américaine. Aujourd’hui, en sextet, c’est l’occasion de vérifier la pertinence sur scène de ce projet que nous n’avions pas vu jusqu’à présent. Bourré de groove, de funk le disque nous avait amené vers des horizons encore inexplorés par Bo Weavil. Et sur scène, la crème des musiciens nantais dont s’est entouré Matthieu tient la route même si le combo n’a pas beaucoup de dates en raison du format (Raison de plus de remercier les Cinquantièmes Rugissants d’avoir parié sur un tel groupe même si les défraiements sont plus conséquents !). Sur scène la majorité du dernier album y passe. Un ou deux morceaux de Mr. Bo Weavil et l’aspect citoyen de ce monde place Matthieu Fromont en spectateur de la nécessité du changement. Même si nous restons des nostalgiques des trois premiers albums, les accents santanesques, funk ou rock blues du sextet emballent le tout de belle manière plaçant Matthieu Fromont en spectateur conscient de la nécessité de faire marcher ce monde à l’endroit.

Larry Garner

En voilà un venu véritablement en ami. Dominique Bouillon nous explique en intro que Larry Garner d’un côté, le Norman Beaker Band de l’autre se retrouvent en France pour ce concert. En effet pas de tournée en France programmée. Le multi nominé n’est pas là pour se gonfler de son importance et au contraire construit un show où à coup de mots simples, avec lenteur et quelques gestes il arrive à rendre vivants et compréhensibles tous ses textes. C’est uniquement le plaisir et le relationnel qui animent ces musiciens. Larry ne nous a pas gratifié d’un album perso depuis Blues for Sale il y a cinq ans même si sont sortis depuis un Live Good Night in Vienna avec le Norman Beaker Band, un CD avec Michael Van Merwyk Upclose and personal et le disque avec son compagnon d’écurie discographique Neal Black, Guilty Saints. 

Donc Larry n’était pas là pour une promotion particulière mais bien bien pour nous permettre d’apprécier sa qualité de bluesman qui veut préserver et garder le blues vivant. Et son concert fut l’occasion de nous administrer la preuve qu’il est bien aujourd’hui un des plus beaux représentants de cette génération de transition qui a su capter l’héritage et le retransmettre même avec difficulté à de plus jeunes (Keep singing the blues). Mais au delà de cet aspect, Larry et ses musiciens qui le suivent depuis fort longtemps de ce côté de l’Atlantique ont conduit un show dont on retrouve la trame dans Good Night in Vienna. Emprunts à quelques grands classiques mais beaucoup de titres personnels qui ont fait sa réputation d’écrivain du blues. Et le temps passe sans que l’on s’en aperçoive. C’est déjà les rappels et Larry nous donne rendez-vous le lendemain.

Dimanche, lever de rideau avec la bruine qui percute un peu l’organisation. Mais c’est dans une ambiance bon enfant que tout le monde trouve à se caser sous les baches, sous les parties couvertes extérieures ou dans dans les allées intérieures de la salle polyvalente. Ceux et celles qui s’étaient inscrits, participent au repas supervisé par Larry Garner himself qui, aidé par une armée de volontaires se sont attaqués à la confection d’un gumbo pour 180 invités sur réservation ! Le temps se mettant non pas au beau mais au couvert nuageux, Dave Arcari put attaquer sa prestation sur le podium extérieur. Nous signalerons ici qu’à la fin du concerts de Dave, Larry et les bénévoles cuisiniers ont reçu des applaudissements plus que chaleureux (nous ne voulions pas dire nourris!)  en remerciement pour l’excellent gumbo.

Certains mélant leur enthousiasme culinaire avec celui lié à la musique osèrent crier des encores. Eh oui nous étions bien en Rabelaisie !

D’autre part nous signalerons la carte blanche donnée à Monsieur Plume, graffiti artiste et peintre comme il se définit, qui attaqua sur toile une imposante production intitulée BAR 2017. Bravo pour cette ouverture. Allez sur le site de Monsieur Plume vous y trouverez quelques unes de ses réalisations.

Mais revenons une minute sur ce concert.

Dave Arcari n’est pas un inconnu pour nos lecteurs. Il y a plus de cinq ans, nous avions déjà dit tout le bien de l’individu lors de la parution chez Dixiefrog de Nobody’s fool. Nous vous renvoyons à cet article pour le climat musical et le contenu de ses textes. Alors que Dave met en avant son dernier album sur scène, Live at Memorial Hall, sorti il y a peu, nous restons complètement subjugué par la prestation de l’ancien chanteur guitariste des Radiotones. Car l’écossais n’en est pas à ses débuts. Depuis bientôt 20 ans sur les routes des landes écossaises, nordiques (son précédent album Whisky in my blood avait été enregistré avec les Hellsinki Hellraisers, nous ne vous dirons pas où!) ou plus méridionales, Dave Arcari aime la France et ses festivals de blues où il dit avoir toujours reçu un très bon accueil. Chaleureux et fraternel avec le public qui l’aborde, lui plaque embrassades et accolades sans difficultés, le bon barbu hors scène utilise celle-ci comme un exutoire. Et si la formule mélange blues mississippien et scottish music semble tourner à l’avantage de cette dernière, ce n’est pas pour autant que Dave change quoi que ce soit à sa farouche détermination d’aller à la rencontre du diable même si celui-ci se cache dans le produit national de son pays. Utilisant son radar interne, il frôle la structure du barnum installé, virevoltant en bout de scène, pirouettant sur ces Doc Martens sans jamais se ramasser, debout avec en bandoulière guitare ou national, il nous entraine dans son univers où nous avons toujours le même plaisir à nous retrouver. L’album Live at Memorial Hall pour tout amateur de blues déglingué et teinté irish est hautement recommendable.

Il nous fallait finir Et comment pouvait-on mieux terminer qu’avec Sugaray Rayford !

Depuis 2010 et la parution de son premier album, Sugaray Rayford a su se gagner une audience internationale digne de la classe de l’individu. Car si nous n’avons eu à nous mettre sous la dent que 4 albums au total (nous n’évoquerons pas les contributions aux derniers albums des The Mannish Boys) il n’y a pas grand chose à rejeter de ces faces torrides et chaudes à l’image de ce blues matiné de soul que nous donne cet intertainer. Dans les bacs (ah bon, il y a encore des bacs !) depuis début septembre le dernier opus The World That We Live In réalisé avec des musiciens italiens ne nous démentira pas !

Arrivant sur scène avec son groupe Sugaray attaque d’entrée en nous disant qu’aujourd’hui ce n’est pas un concert, c’est une party à laquelle il nous convie, nous invitant à remuer notre popotin et d’ailleurs il nous fait une démonstration. L’ambiance est donnée ! Le public de la salle polyvalente bien remplie, suit avec enthousiasme. De morceaux endiablés où l’on remarque le brio à la guitare de Gino Matteo à des mid tempo où la voix du maestro envoie la sauce, c’est un feu d’artifice. Et Sugaray appelle Larry Garner qui traine en backstage. Révérence-référence-hommage, les musiciens se mettent tous au service de Larry. Et quand trempé, Sugaray prend une chaise, avec Gino Matteo à la guitare et Allen Markel à la basse, tous les deux également assis, le public s’approche encore plus de la scène. La moiteur devient beaucoup plus intime ! Le public a vraiment le sentiment que c’est pour lui qu’ils sont là. Evoquant la situation actuelle aux USA, il nous exhorte à ne pas prononcer le nom du Donald. Pour sa part il ne parle que du 44ième et il insiste en disant que dans le monde il n’y a qu’une race : la race humaine! Sur ce il attaque What a Wonderful World a cappella. Mais très vite Sugaray reprend sa dance infernale et c’est reparti. Mon jeune voisin barbu, extatique, n’en croit pas ses oreilles. Ma voisine derrière a posé ses vêtements sur le sol je les piétine. c’est pas grave me fait-elle signe. Décontracté et sublime, Sugaray fait mine de se tordre les vêtements pour en extirper la sueur qui dégouline.

Quelques minutes d’attente et Sugaray nous revient en survêtement. Que dire de plus ! Tout ça pour dix euros un dimanche après-midi où il valait mieux être là que devant sa télé.

Pour terminer sur ces trois jours c’est véritablement l’amitié, la générosité et le partage que musiciens et organisateurs ont dévoilé, développé et entretenu. Si les organisateurs se félicitaient du succès rencontré, ils peuvent considérer qu’il n’est pas seulement dû à la qualité des musiciens présents mais aussi à leur propre enthousiasme et motivation de maintenir contre vents et marée cette volonté de garder le blues vivant sur nos terres. Et visiblement, un nombre de festivaliers qui ne cesse de s’étendre ne s’y trompent pas. Venant des départements avoisinants, de Bretagne du Centre ou de la région parisienne ou de plus loin, ils démontrent par leur présence et leur participation que ces rencontres musicales sont un point d’échanges, de confraternité et de diffusion de la musique vivante. Et le public local devenant aussi connaisseur que les aficionados, sait reconnaître la relation qui se crée avant, pendant et après les concerts.

Que ceux qui perdent leurs âmes à vouloir toujours faire plus en se reniant dans les abimes du showbiz médiatique, continuent. Pour notre part, nous préférons perdre la notre dans la volonté toujours renouvelée de diffuser les tourments des individus qui ont croisé le diable, l’ont invité à leur table et en sont ressortis marqués mais prêts à poursuivre la route difficile de la vie. C’est à ce sens collectif et ces moments de communion que nous convient, ici, les Cinquantièmes Rugissants. Merci à tous et à bientôt.

www.festival-bar.fr

Serge Sabatié
Photos : Miss Béa

 

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